ÉDITORIAL

Faits & Projets : une nouvelle formule
Après huit ans d’existence en 2003, Faits & Projets Magazine évolue et apportera, je l’espère, à nos fidèles lecteurs, encore davantage d’informations et de diversité. Vous trouverez donc, à partir de ce numéro, et ceci tous les mois, trois nouvelles rubriques, en plus de notre habituel dossier pays, que je vous laisse découvrir au fil de ces pages.

Egypte : un mythe contemporain
L’Egypte fascine toujours et encore. Passé et présent ne font qu’un. Antiquités et modernité se côtoient au quotidien. Cette nation, qui fait rêver, a inspiré Flaubert avec « Voyage en Orient », Verdi avec « Aïda » et ses pyramides ont ébloui Chateaubriand. Pays de tous les contrastes,
les musulmans et les coptes sont Egyptiens avant tout et restent très attachés à leur histoire et leurs traditions. Le passé égyptien se compte en millénaires tandis que l’Egypte contemporaine, toujours pharaonique dans ses projets, est issue de la Révolution de 1952. Et c’est cette dernière que nous voulons vous faire découvrir à travers cette première édition de l’année 2003.
L’Egypte jouit d’une situation centrale au sein du monde arabe, à la charnière entre le Maghreb et le Machrek, appartient au continent africain, est proche de l’Europe, assistée par les Etats-Unis et commerce avec l’Asie. Elle est une plaque tournante entre la mer Rouge et le bassin méditerranéen. Financièrement, elle reste très dépendante de l’aide internationale, des recettes du canal de Suez, du tourisme et des transferts en devises des travailleurs émigrés. L’armée, pilier du régime, y exerce un pouvoir discret. Elle doit faire face à une démographie galopante et apporter du travail à quelque 500 000 jeunes qui arrivent sur le marché chaque année. Le taux de chômage est officiellement de 8 à 10 %, tandis qu’officieusement les chiffres avoisineraient les 20 %. La croissance économique atteint les 3 %, insuffisante pour faire face à l’accroissement de sa population et équilibrer son budget national (dettes, importations, exportations, dévaluation de la livre égyptienne).
Mais l’Egypte, bien intégrée politiquement et économiquement dans les organisations internationales, est un pays où les investisseurs étrangers se doivent d’être. Toutes les facilités légales leurs sont accordées, malgré une pesanteur encore lourde de l’administration. Le potentiel (ressources énergétiques, infrastructures, tourisme, main d’œuvre) est réel et reste à développer. Porte d’entrée, l’Egypte offre de nombreuses opportunités d’exportations, ou de réexportations, vers le COMESA et le monde arabe (l’Irak en particulier). De plus, un accord d’association, à suivre et en attente de ratification, a été signé avec l’Union européenne en 2001.
L’Egypte, dragon des années 90, pays actuellement en voie de développement, a besoin de la présence étrangère, de son savoir-faire et du transfert de technologies afin d’atteindre les normes requises par la communauté internationale. D’un autre côté, politiquement, elle doit aujourd’hui faire face au conflit israélo-palestinien et à la crise irakienne, tout en pensant, en interne, à sa succession présidentielle.
Portraits, rencontres, femmes d’aujourd’hui, données économiques, la ville d’Alexandrie redécouverte, voici, à mon sens, à travers les articles qui suivent, l’Egypte contemporaine comme on la connait peu ! Bonne lecture.

Delphine Evmoon