L'ARABIE SAOUDITE, UN ROYAUME MÉCONNU

 

Mohamed Bin Ismaïl Al-Ashekh
Ambassadeur du royaume d’Arabie saoudite en France

« J’invite les entrepreneurs français à participer
aux projets prometteurs du royaume »


C’est un motif de satisfaction et de gratitude que de voir la revue Faits & Projets consacrer ce numéro au royaume d’Arabie saoudite et éclairer les différents aspects d’évolution et de développement dans les domaines économiques et commerciaux ainsi que ceux de l’investissement dans le royaume. Elle le fait avec talent et professionnalisme, ce qui mérite félicitations et admiration.
Je voudrais en premier lieu me féliciter du niveau auquel sont parvenues les relations franco-saoudiennes, relations solides et proprement excellentes à tout point de vue et dans tous les domaines, tant au niveau officiel qu’au niveau populaire. La dernière visite du président Jacques Chirac au royaume n’est peut être que la confirmation de leur solidité et de l’importance cruciale qu’accordent les responsables des deux pays au renforcement des relations stratégiques dont les fondements ont été jetés en 1996. Nous aspirons tous à la pérennité de ces relations avec davantage d’évolution et de progrès pour les deux pays et les deux peuples amis.
L’économie saoudienne a connu, au cours des trois dernières décennies, une grande transformation dans tous les aspects de la vie économique et sociale et celle relative à l’urbanisme. Le gouvernement a effectué, dans le cadre des plans de développement, de grands investissements afin d’ancrer les équipements et les infrastructures de base aussi bien matérielles, sociales qu’industrielles. Ils ont englobé la création d’un vaste réseau de routes, de ponts, de barrages, d’aéroports, de ports, d’équipements en électricité et en unités de dessalement d’eau et de systèmes de communication.
D’importants crédits ont été dépensés dans l’éducation, la formation et la santé. Dans le secteur industriel, le gouvernement a investi d’énormes ressources dans la création de zones industrielles dans les principales villes nonobstant les deux grandes villes industrielles de Jubail et Yanbu dont les équipements, à la pointe du progrès, permettent d’accueillir les industries lourdes, dont les industries pétrochimiques de base, la métallurgie et les raffineries géantes de pétroles créées par l’État en association avec les entreprises internationales et le secteur privé. Un réseau de gazoducs et d’oléoducs a été mis en place au centre et à l’est du royaume ; de l’est vers l’ouest pour transporter le brut et le gaz et alimenter les raffineries et les ensembles pétrochimiques de Jubail et Yanbu ainsi que les stations d’exportation du gaz et du pétrole et leurs dérivés.
La récente adhésion du royaume à l’OMC va consolider le climat des affaires dans le pays en introduisant davantage de transparence et d’aptitude à la prévision, ce qui amènera davantage d’investissements et renforcera le rôle du royaume en tant que facteur de stabilité dans l’économie mondiale.
Le huitième Plan de développement (2005-2009) a mis en avant quelques priorités dont les plus importantes sont : l’augmentation du niveau de vie, l’amélioration de la qualité de la vie, la création d’emplois pour les citoyens, la généralisation des services dans l’enseignement, l’éducation, la santé et le social ; l’accompagnement des rapides évolutions économiques et technologiques mondiales, la diversification des fondements économiques, l’amélioration de la productivité de l’économie nationale et le renforcement de ses capacités à la concurrence. Et aussi l’intérêt qui doit être porté aux secteurs prometteurs comme celui des industries stratégiques et de transformation, et particulièrement les industries gourmandes en énergie et ses dérivés, les industries du gaz naturel et des minerais, le tourisme et les technologies de l’information.
Ce Plan s’est intéressé également à la participation du secteur privé au développement socio-économique en poursuivant l’amélioration des différents régimes, règlements et dispositifs afférents à l’investissement, l’accélération de l’exécution de la stratégie de privatisation et la poursuite de l’amélioration des méthodes de travail des services financiers. Le Plan a donné une importance toute particulière à la participation renforcée de la femme et au rôle de la famille dans la société en améliorant ses capacités et en levant les obstacles qui se dressent devant l’élargissement de sa participation aux activités économiques et de développement. Le Plan a, d’autre part, indiqué que les réformes économiques se poursuivront et vont continuer pour renforcer le secteur privé et consolider la stabilité économique. Les priorités économiques à venir exigent le passage de l’économie saoudienne d’une économie « locale » à une économie « mondiale ».
Le royaume s’apprête à mettre en chantier différents projets économiques et des investissements de grande ampleur dans les domaines de la construction et de l’urbanisme aussi bien que dans ceux de l’énergie, l’électricité, les eaux, les communications, la pétrochimie, ainsi que des opérations de privatisation de sociétés et d’entreprises publiques. Je saisis cette occasion pour inciter les entrepreneurs français à ne pas hésiter et à participer à ces projets prometteurs. Je les invite à en prendre l’initiative.
Avec tous mes vœux de réussite.

 

Charles-Henri d’Aragon
Ambassadeur de France en Arabie saoudite

« Les entreprises françaises ne peuvent que s’intéresser davantage à ce marché très prometteur »


Depuis plus de dix ans, par un travail solide, précis et documenté, le magazine Faits & Projets a apporté sa contribution au développement des relations économiques et culturelles entre la France et plusieurs pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique. Le présent numéro est consacré au royaume d’Arabie saoudite, un acteur de premier plan, qui sera de plus en plus au centre de la scène régionale et internationale dans les années à venir. Je suis heureux de pouvoir saluer à cette occasion la qualité de la revue et l’initiative qu’elle a prise de s’intéresser à ce pays.
L’expansion économique exceptionnelle que va connaître le royaume suscitera - n’en doutons pas - de plus en plus l’intérêt des agents économiques, des investisseurs et des industriels pour ce pays qui sera de plus en plus visité dans un esprit de compétition sur un marché porteur et solvable. Les revenus pétroliers du royaume, avec la combinaison d’un effet-volume - la capacité de production ayant désormais dépassé les 9,5 millions de barils par jour - et un effet-prix avec un baril saoudien qui se situe autour de 70 dollars, vont augmenter de manière spectaculaire, permettant le lancement de nombreux projets nécessaires pour faire face aux défis posés par la forte croissance démographique du pays.
L’accession de l’Arabie saoudite à l’OMC en décembre 2005 ne peut que renforcer la dynamique de libéralisation du marché intérieur et encourager le processus de privatisation déjà engagé : ouverture aux opérateurs privés de l’amont gazier, des secteurs de l’eau, de l’électricité, des télécommunications, privatisations dans les télécommunications, autorisation d’exercer donnée aux filiales de grands groupes d’assurances, création d’un marché financier et d’une autorité de régulation, licences accordées à de nouvelles banques…
Dans ce contexte, les entreprises françaises ne peuvent que s’intéresser davantage à ce marché très prometteur. Une soixantaine d’entre elles sont déjà présentes, parfois depuis longtemps. Il s’agit non seulement de grandes entreprises françaises souvent fleurons de notre l’industrie, mais aussi de nombreuses PME pour lesquelles le marché saoudien est accessible. Ces dernières représentent la grande majorité des entreprises exportatrices françaises qui exportent en Arabie, et plus du tiers du montant des ventes françaises vers ce pays. Ces sociétés - est-il besoin de rappeler - trouvent sur place, à Riyad comme à Djeddah, l’appui de Mission économique française, mais aussi du Conseil d’affaires franco-saoudien et du Cercle d’affaires franco-saoudien de Djeddah.
Dans une région troublée et où les tensions s’accumulent, l’Arabie saoudite, qui a été confrontée en 2003 et 2004 à la violence terroriste, n’est malheureusement pas à l’abri, comme beaucoup de pays de la planète, d’une action d’envergure, comme aurait pu l’être le double attentat déjoué fin février 2006 contre le site pétrolier essentiel d'Abqaiq. Mais des succès indéniables en matière de sécurité ont été remportés depuis des mois, et le royaume apparaît comme un facteur de stabilité et de paix, sous la direction d’un souverain sage et expérimenté.
Les relations entre la France et l’Arabie saoudite, qui ont toujours été bonnes, sont aujourd’hui excellentes, fondées sur le respect mutuel et le souci commun de promouvoir des solutions justes et équilibrées. La visite d’État en Arabie du président Chirac en mars 2006, faisant suite à la visite du roi Abdallah Bin Abdulaziz, gardien des deux Lieux saints de l’islam, en avril 2005 alors qu’il était prince héritier, la confiance et la chaleur qui dominent leurs échanges, tout cela facilite les rapports étroits entre les deux pays.
Mais l’Arabie sera aussi de plus en plus visitée dans les prochaines années, d’une manière tout à fait inédite. En effet, le royaume, dans lequel se sont rendus ces derniers mois de nombreux journalistes, s’apprête, en mai 2006, à ouvrir ses portes, pour la première fois de son histoire, au tourisme. Les autorités, et notamment la Haute Commission saoudienne pour le tourisme, conscientes de la richesse et de la diversité d’un pays très étendu qui contient d'importants sites archéologiques, ont annoncé l’émission prochaine de visas de tourisme, via des agences de voyage agréées, et donc la possibilité de découvrir ce pays d’une façon différente, notamment pour les non-musulmans, c’est à dire tous ceux qui n’ont pas jusqu’ici envisagé de se rendre dans ce pays qui abrite les principaux Lieux saints de l'islam, et vers lequel convergent chaque année des millions de pèlerins.
Car l’Arabie saoudite, qui réfléchit à son identité et qui a instauré, il y a quelques années, un « dialogue national » ne ressemble pas aux jugements souvent expéditifs et aux commentaires parfois très convenus. Le royaume cherche à développer des liens à tous les niveaux avec de nombreux pays de tous les continents. De notre côté, sur le plan culturel, nous promouvons l’offre française en matière d’enseignement supérieur, que ce soit dans le domaine scientifique, dans celui de la médecine, des sciences de l’ingénieur et dans celui des sciences politiques. La visite du président de la République française en 2006 a été l’occasion d’inaugurer au Musée de Riyad l’exposition, exceptionnelle par son ampleur et sa valeur, des collections d’art islamique du Louvre. Préalablement, le Musée du Louvre de Paris et le Haut Comité du tourisme en Arabie saoudite avaient signé, en 2004, un mémorandum avec pour objectif de bâtir un programme pluriannuel d’échanges culturels, scientifiques et éducatifs, d’organiser des prêts et des expositions.
Les quelque 4 000 Français qui résident aujourd’hui dans le royaume, et qui y vivent heureux, bénéficient de deux consulats à Riyad et à Djeddah, de trois écoles françaises à Riyad, à Djeddah et à Al Khobar, d’une « Maison des Français » à Riyad et Djeddah et, dans ces mêmes villes, d’associations locales d’expatriés, de liaisons aériennes directes quasi-quotidiennes avec la France. Nos compatriotes témoignent de la solidité de nos liens et de la nécessité de les renforcer.
Encore tous mes vœux à Faits & Projets Magazine et bonne chance aux lecteurs de la revue qui s’intéresseront à l’Arabie.

 

SOMMAIRE

Présentation du royaume d’Arabie saoudite

• Économie

L’Arabie saoudite : un marché très prometteur

Les grandes sociétés saoudiennes
. L’ARAMCO : un des plus grands groupes pétroliers mondiaux
. La SABIC : la plus importante compagnie pétrochimique du Moyen-Orient
. La SEC : la Compagnie nationale d’électricité

Point de vue de la Coface

2005 : L’année de tous les records

Les grands projets de construction en 2006

Un quart des réserves mondiales d’or noir est saoudien

Le secteur minier : une réserve abondante et variée

L’eau : un produit stratégique rare

La modernisation des transports : un secteur en pleine effervescence

La « Cité économique du roi Abdallah » : un investissement gigantesque de 22,5 milliards d’euros

La SAGIA : une institution incontournable

Djeddah : La porte maritime du royaume

 

• Points de vue

Qu’attendent les Saoudiens de la France ?
Rencontres avec Abdul Rahman Al Jeraisy (président du Conseil saoudien des Chambres de commerce et d’industrie),
Fahad Al Sultan (secrétaire général du Conseil saoudien des Chambres de commerce et d’industrie),
Omar Bahlaiwa (secrétaire général du Comité saoudien pour le développement du commerce international)
Hussein Al Athel (secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie de Riyad)

 

• France/Arabie Saoudite

Un partenariat économique à développer
La présence économique française
Rencontres avec Jean-Louis Bernard, président du groupe d’amitié France-Arabie à l’Assemblée nationale,
et avec François Trucy, président du groupe d’amitié France-Arabie au Sénat
Rencontre avec Abdel Aziz Ben Abdel Latif Al Shaikh, président du Conseil des affaires franco-saoudien (CAFS)

Contacts
La France sur Internet

• Les Lieux saints en Arabie saoudite
La Mecque et Médine

• Découvrir
L’Arabie saoudite : un royaume méconnu
Madâin Sâlih : un trésor caché

• Culture
La peinture saoudienne contemporaine
Le prince Khaled Al Faisal
Safeya Binzagr
Dia Aziz Dia
Faisal Samra

• Société
Le sport : tradition et modernisme