ÉDITORIAL

2003 : une année anniversaire
La nouvelle formule de la revue, démarrée en janvier dernier, continue.
Plus d’informations, un horizon d’intervenants plus large et davantage de découvertes ! Dans ce numéro de février 2003 et au lendemain du quarantième anniversaire de la signature du traité de l’Elysée entre le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, le 22 janvier 1963, un dossier sur l’Allemagne est devenu incontournable. François Loos, ministre français du Commerce extérieur, et Annette Gerlach, le visage de l’information sur Arte, partagent avec vous leurs points de vue sur l’économie européenne et internationale, ainsi que sur l’évolution des relations entre Paris et Berlin. Pour vous évader, nous vous présentons Saint-Pétersbourg, fondée en 1703, qui fête cette année ses trois siècles d’existence. Enfin, inédite et à suivre, une rubrique sur « La vie des institutions » fait son apparition. Ce mois-ci, l’OTAN figure en première ligne.

Delphine Evmoon


Allemagne, un renouveau ?
« Aujourd'hui, le moteur franco-allemand de l'Europe n'existe plus.
Les deux capitales parlent de renouveau, mais il s'agit surtout d'une auto-intoxication », déclarait l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt dans Le Monde du 13 janvier dernier.
Pourtant, l'Allemagne et la France sont de loin les plus importants partenaires commerciaux l'un pour l'autre. L’Allemagne est le premier client de la France et son premier fournisseur. De son côté, la France y reste, en 2001, un investisseur important. Les intensifs échanges commerciaux ont engendré de considérables investissements directs dans les deux pays et de la création d’emplois. En dépit de la forte interdépendance des deux économies qui produisent ensemble plus de 50 % des résultats économiques de la zone euro, il a toujours existé de grandes convergences dans les politiques économique, financière et sociale. Les choix politiques de l'Allemagne et de la France se sont souvent avérés fructueux pour l'intégration européenne. La relation franco-allemande, en particulier, a toujours été indispensable à l'Europe.
Ces 40 ans d'entente économique ont constitué le fameux moteur de la zone euro. Il semble être aujourd'hui bien fragile : politique budgétaire divergente et écart de croissance grandissant. Au-delà de la volonté d'unité et de renouveau, Paris et Berlin ne veulent pas ou ne peuvent pas coordonner leurs politiques économiques.
Dans la mesure où l'élargissement vers l'Est de l'Union européenne entre dans sa phase concrète, la collaboration franco-allemande doit rester encore aujourd'hui, et peut-être davantage qu’avant, d'une importance particulière, mais il faut que Paris et Berlin trouvent un accord entre l’élargissement et l’approfondissement. Il y a, certes, une volonté de réinjecter des idées nouvelles et de donner un nouveau départ au partenariat franco-allemand, mais nous allons avoir plutôt besoin d'un nouveau traité pour une Union européenne élargie et non d'un nouveau traité franco-allemand.
Après avoir vécu pendant ces quelques années une séparation à l'amiable, les deux pays doivent montrer qu'ils peuvent à nouveau faire prévaloir leurs intérêts communs sur leurs intérêts nationaux. Ainsi, les Allemands et les Français peuvent se rencontrer et ne pas seulement se croiser. Ce ne sont pas les divergences initiales qui sont décisives - soulignent les communiqués officiels - mais les rapports productifs avec celles-ci. Ceci est au centre des relations franco-allemandes en tant que moteur de l'Europe.
La commémoration du quarantième anniversaire du traité de l'Elysée est-elle une simple réconciliation ou un véritable renouveau ?

Laszlo Liszkai

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