ÉDITORIAL

Une actualité chargée
Pour ce numéro double de Faits & Projets, nous avons réuni au sein du même magazine le Pakistan et l’Afghanistan, à travers les entretiens de Makhdoom Syed Faisal Saleh Hayat, ministre de l’Intérieur pakistanais, et Chekeba Hachemi, première diplomate afghane du gouvernement provisoire d’Hamid Karzaï. Notre nouvelle rubrique « Géopolitique »
vous permettra, grâce aux points de vue de spécialistes, d’appréhender la situation actuelle dans les Balkans et de matérialiser les conflits potentiels de demain. La vie des institutions est consacrée à l’Arrangement de Wassenaar, régime de contrôle des exportations des armes conventionnelles et des biens et technologies à double usage.
Et pour vous détendre, nous vous ferons voyager à Kochi, en Inde, et en Albanie. Bonne lecture !

Delphine Evmoon

 

La Slovénie : un îlot de prospérité

Il y a d'abord les premières impressions. Puis, s'il est dépourvu d’une connaissance profonde du pays qu'il cherche à découvrir, le voyageur a tendance à le comparer à un autre déjà visité. C'est souvent le cas de la Slovénie. On dit alors qu'elle est à la fois slave, alpine et méditerranéenne, ou qu’elle est la « petite Suisse des Balkans ». Pourtant, elle est incomparable et unique. Depuis des millénaires, la Slovénie occupe un carrefour de chemins commerciaux et culturels qui rapprochent le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest de l’Europe. Cette position géographique avantageuse constitue l’un des facteurs déterminant dans son essor historique. Ce petit pays s'est toujours focalisé sur un objectif unique : être et demeurer un État indépendant. La Slovénie, qui faisait partie des « provinces illyriennes » du Premier Empire de Bonaparte, a été la province « vache à lait » de l’ex-Yougoslavie. Indépendante depuis 1991, la petite Slovénie s'est distinguée parmi ces pays. Avant tous les autres, elle a recherché, à marche forcée, l'intégration européenne. En l'espace d’une décennie, ce pays, fort d'une ancienne tradition, est devenu une nation calme et prospère. D'excellentes infrastructures, une main d’œuvre qualifiée et une position géopolitique remarquée facilitent son adhésion simultanément à l’Union européenne et à l’OTAN. Le 23 mars dernier, 89,64 % de la population ont voté en faveur de l’adhésion de la Slovénie à l’Union européenne avec un taux de participation de 60,44 %. L’intégration de la Slovénie à l’OTAN a recueilli 66,18 % des suffrages (taux de participation : 60,43 %). Ces deux adhésions achèvent le processus de la réunification de l’Europe séparée trop longtemps, tout en permettant à la Slovénie de sauvegarder son identité nationale farouchement défendue depuis toujours et enfin conquise il y a un peu plus de dix ans. La Slovénie sera la première République issue de l’ex-Yougoslavie à devenir, le 1er mai 2004, membre de l’Union européenne et sera représentée au Parlement européen par sept députés (contre 99 pour l’Allemagne, 87 pour la France, l’Italie et la Grande-Bretagne et six pour le Luxembourg). Quant aux neuf nouveaux membres, ils seront représentés par 54 députés européens pour la Pologne, six pour l’Estonie, neuf pour la Lettonie, treize pour la Lituanie, 24 pour la Hongrie, six pour Chypre, quatorze pour la Slovaquie, 24 pour la République tchèque et cinq pour Malte.

Laszlo Liszkai