L’Ouzbékistan

L’Ouzbékistan, au cœur de l’Asie centrale et sur la voie d’une économie de marché, offre une stabilité politique (avec un pouvoir de décision très centralisé) et de nombreuses opportunités d’investissements. Avec un programme de développement des investissements très ambitieux et une politique progressive de réformes, le gouvernement facilite théoriquement l’arrivée des investisseurs étrangers (soumis aux mêmes règles que les entrepreneurs locaux), a supprimé le double de taux de change (officiel et parallèle) de sa monnaie (le soum) et, en 2003, a introduit sa convertibilité pour toutes les transactions des échanges. Pays à suivre ! Par Delphine Evmoon.

L’Ouzbékistan, traditionnellement le quatrième marché de la CEI pour la France, se retrouve, en 2002, en septième position derrière la Russie, l’Ukraine, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan et le Bélarus.Les Français sont présents sur place avec 23 bureaux de représentation et sont plutôt en régression sur ce marché depuis quelques années. « Les relations bilatérales sont politiquement, militairement et culturellement très satisfaisantes, mais les relations commerciales ne sont pas à la même hauteur », indique Jacques-André Costilhes, ambassadeur de France en Ouzbékistan lors d’une réunion mixte au MEDEF le 14 janvier 2004. De son côté, Elior Ganiev, vice-premier ministre et président de l’Agence des relations économiques extérieures de l’Ouzbékistan, précise que « les deux pays devraient apprendre à mieux se connaître et que la France n’a pas la place qu’elle devrait avoir en termes d’investissements ».  

Le premier investisseur en Ouzbékistan est actuellement la Corée du Sud, devant les États-Unis. En termes de sociétés mixtes, la Russie et la Turquie arrivent en tête. Ses principaux partenaires économiques sont la CEI (35 %) et l’Union européenne (18 %) (l’Allemagne est le quatrième partenaire économique de l’Ouzbékistan avec 8,7 % du volume des échanges commerciaux).

Selon le Rapport franco-allemand de présentation de l’économie ouzbek en 2003, en 2002, les investissements directs étrangers ont atteint 63 millions de dollars (MUSD) et sont évalués entre 55 et 60 MUSD en 2003. La croissance économique officielle pour le premier semestre 2003 s’élève à 3,8 % (le FMI l’estime à moins de 2 %). Durant la même période, l’inflation était de 4,2 %. La dette extérieure s’élève à 4,4 milliards de dollars, soit un taux de dette de 45,7 % du PIB. Toujours selon ce rapport, malgré une politique favorisant le développement des PME-PMI, la complexité des lois et réglementations régissant les entreprises privées, les restrictions encore existantes sur le change et le commerce extérieur, le contrôle des prix, la corruption administrative, la faiblesse de l’État de droit, l’interventionnisme étatique et les difficultés d’accès au financement découragent l’investissement privé. Le programme de privatisations suit son cours et 1 000 entreprises vont en bénéficier. Le cadre législatif concernant les entreprises devrait être libéralisé pour limiter les interventions gouvernementales.

Pays riche en ressources naturelles (or, pétrole, gaz, uranium, cuivre, argent et coton), mais géographiquement enclavé, l’Ouzbékistan, indissociable de la mythique Route de la soie et de Tamerlan, offre un fort potentiel de développement touristique, aussi bien culturel qu’historique, avec notamment les villes de Samarkand, de Boukhara et de Khiva. L’agriculture représente, dans son ensemble, un tiers du PIB et de la population active, l’industrie 16 % du PIB et 13 % de la population active, et les services 44 %. Les opportunités d’investissements concernent le secteur énergétique, les infrastructures, la haute technologie et les ressources minérales essentiellement.

L'Ouzbékistan, pays de la CEI et de quelque 26 millions d’habitants, est situé au centre et au nord de l'Asie centrale. Elle a pour voisins le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Turkménistan, le Tadjikistan et, au sud, l'Afghanistan. Sa surface est de 447 400 km2. L'étendue de son territoire est, d'ouest en est, de 1 425 km, et, du nord au sud, de 930 km. Le Kizil-Kum, l’un des plus importants déserts de l'Asie centrale, se trouve en Ouzbékistan. Au nord-est et au sud s'étendent les chaînes montagneuses de Tiyan-Chiyan et de Guissar-Alay. L'Amoudarya (1 437 km) et le Syrdarya (2 137 km) sont les plus importants fleuves. 


Point de vue de la Coface

Points forts - L'Ouzbékistan est doté de richesses naturelles : coton et or principalement - Le pays tente de se diversifier vers d'autres matières premières (pétrole et gaz) et l'industrie (automobiles) - C'est le plus peuplé des pays d'Asie centrale de la CEI (plus de 26 millions d'habitants), ce qui en fait un marché au potentiel intéressant - Le pays accueille des bases américaines depuis les opérations militaires en Afghanistan. L'assistance financière officielle redémarre doucement.

Points faibles - Les principales richesses du pays sont soumises à des aléas exogènes (cours mondiaux, climat) - La politique dirigiste des autorités et la faiblesse des réformes constituent un obstacle à la continuité du soutien des organismes multilatéraux - La perspective d'une libéralisation du marché des changes risque de faire apparaître un niveau d'endettement très élevé - L'islamisme a été réprimé, mais les causes de son expansion (dont la situation sociale) sont toujours présentes.

Appréciation du risque. Les résultats macroéconomiques de l'Ouzbékistan témoignent des difficultés de la « voie ouzbek » de transition : la croissance s'affaiblit et l'inflation est élevée. L'industrie est obsolète et le pays est de plus en plus dépendant du coton et de l'or, principales recettes d'exportation du pays. Les déficits extérieurs ont été couverts par le recours à l'endettement, dont le remboursement accentue maintenant le besoin de financement. Les perspectives de libéralisation accrue du régime de change se précisent, mais le rapprochement progressif du taux de change officiel et du taux de marché font apparaître un poids de la dette insoutenable. Pour éviter des difficultés prévisibles de remboursements de la dette extérieure, une assistance du FMI s'avère nécessaire, mais aura du mal à se concrétiser dans la durée. En effet, les réformes économiques pourraient apparaître contraignantes à un pouvoir dont le bilan en termes de réformes structurelles est très maigre. Il reste que les pays occidentaux ont redécouvert l'importance géopolitique du pays, en témoignent la présence de bases américaines installées avant l'offensive militaire en Afghanistan et une aide financière occidentale en augmentation.

(Source : Coface)

Carte d'identité

. Indépendance : 1991
. Capitale : Tachkent
. Monnaie : le soum
. Langues : ouzbek, russe et tadjik
. Religion : l’islam (majoritairement sunnite)
. PIB/hab. (2003) : 2 440 USD
. L’Ouzbékistan est membre de l'ONU, de l'OSCE, de l'UNESCO, de l'OMS, de l'OIT, de l'Organisation mondiale du tourisme et de la Banque islamique de développement
. Pour téléphoner de France en Ouzbékistan, composer le + 998 pour le code du pays, suivi du 71 pour Tachkent et du numéro de votre correspondant
. Formalités : un visa est obligatoire pour se rendre en Ouzbékistan
. Décalage horaire : + 4 h par rapport à la France en hiver et + 3 h en été

 

Contacts

. Ambassade d’Ouzbékistan
22 rue d’Aguesseau 75008 Paris
T : 01 53 30 03 53
F : 01 53 30 03 54

. Ambassade de France
25 Akhounbabaev Koutchasi 700041 Tachkent
T : (+ 998 71) 133 53 82/133 53 84
F : (+ 998 71) 133 62 10

 

Sur internet

• www.oaric.com/ouzbekistan.htm (Ambassade d’Ouzbékistan en France)
www.dree.org/ouzbekistan (Mission économique de France en Ouzbékistan)