L'Azerbaïdjan


Lors de sa visite officielle en France (la première en Occident depuis son élection le 15 octobre 2003), Ilham Aliev, président de la République d’Azerbaïdjan, a donné rendez-vous aux hommes d’affaires français au MEDEF, le 22 janvier dernier, pour leur présenter le potentiel économique de son pays.

« La France et l’Azerbaïdjan entretiennent de très bonnes relations diplomatiques, économiques et culturelles », indique François Perigot, président du MEDEF International, pour ouvrir la réunion mixte. Avec 11 % de croissance en 2003, l’Azerbaïdjan, membre de l’OMC depuis 1997, est une destination à suivre de près de la part des investisseurs français. Son potentiel énergétique et son débouché maritime sur la Caspienne favorisant les tracés de pipelines pour le désenclavement des pays voisins en font une destination incontournable des grandes compagnies internationales. « Un budget de l’État transparent, des réformes bancaires, la lutte contre la corruption, des priorités pour développer l’économie et réduire la pauvreté sont autant d’atouts sécuritaires pour nos entreprises », annonce François Loos, ministre délégué au Commerce extérieur. « L’Azerbaïdjan appartient géographiquement à la frontière orientale de l’Europe et le développement de nos relations avec l’Union européenne est l’une de nos priorités », précise le président Ilham Aliev, avant d’ajouter qu’« en 1991, date de notre indépendance, l’économie de mon pays était détruite. En 1993, l’ancien président, Gueidar Aliev, a arrêté la crise et instauré une stabilité sociale et économique. Depuis 1996, l’Azerbaïdjan connaît une croissance économique annuelle de quelque 10 % ». Les priorités gouvernementales concernent essentiellement le maintien de la stabilité politique et sociale, et du climat de confiance instauré pour les investisseurs étrangers, le développement des secteurs agricole et touristique, des centrales électriques et de toutes les infrastructures, la hausse du niveau de vie des habitants, la création d’emplois et le développement des régions azerbaïdjanaises essentiellement consacrée, jusqu’alors, sur Bakou. « Le secteur énergétique, notamment le pétrole, était un outil de survie pour mon pays, mais ce n’est pas le seul potentiel et nous ne voulons pas baser toute notre économie sur ce domaine. Pour assurer la transparence de nos revenus, nous avons ouvert un Fonds pétrolier national, comme l’Iran et le Kazakhstan, conçu spécialement à cet effet. Nous voulons devenir un pays moderne. Nous croyons profondément aux valeurs démocratiques », précise, pour terminer son discours, le Président.

Des relations commerciales bilatérales en hausse
Les échanges commerciaux entre la France et l’Azerbaïdjan ont augmenté de 60 % en 2002. Les exportations ont enregistré une croissance importante (de 32 à 112 millions d’euros) (MEUR) et concernent essentiellement les biens intermédiaires et les biens d’équipement. Les biens de consommation (cosmétiques, vêtements, mobilier) représentent 9 % de nos exportations.
Les importations (constituées majoritairement de pétrole brut) sont passées de 134 à 157 MEUR (+ 18 %). La France est devenue le deuxième client du pays après l’Allemagne et devant Israël, l’Espagne et la Russie. L’Azerbaïdjan est notre 77ème fournisseur.
La France est le troisième partenaire commercial de l’Azerbaïdjan, après l’Allemagne et la Russie. La République azerbaïdjanaise est notre quatrième partenaire en CEI, derrière la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan. La France est passée du rang de 12ème fournisseur de l’Azerbaïdjan à celui de 5ème, derrière la Russie, le Kazakhstan, l’Ukraine et le Turkménistan, devant les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. L’Azerbaïdjan est notre 108ème client. La France y est le cinquième investisseur étranger, principalement dans les secteurs de l’agroalimentaire, du para-pétrolier et de l’énergie. Les sociétés françaises sont présentes par le biais d'une vingtaine de bureaux de représentation.
Cinq accords ont été signés entre la France et l’Azerbaïdjan : le premier concerne l’encouragement et la protection réciproque des investissements, signé en 1998. Une convention en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscales en matière d’impôts sur le revenu et la fortune a été signée à Paris le 20 décembre 2001. Un accord aérien a été signé en 1997 et un autre sur la coopération vétérinaire, le 21 février 2003. Lors de la rencontre au MEDEF, un autre accord a été signé entre François Loos et son homologue azerbaïdjanais concernant une assistance administrative dans le domaine douanier.


Point de vue de la Coface

Appréciation du risque
Au président Heydar Aleev, qui a dirigé le pays depuis l'indépendance en 1991, vient de succéder son fils Ilham, à la suite d'élections présidentielles tenues en octobre 2003 dont le résultat a été néanmoins contesté par l'opposition. La politique de développement du pays, axée sur l'ouverture du secteur pétrolier aux investissements étrangers devrait donc se poursuivre. Mais l'autorité d'Ilham Aliev est encore fragile face à des élites et une population qui aspirent à une meilleure redistribution de la rente pétrolière.
Toutefois, la conjoncture reste favorable. La croissance est très élevée, portée par la hausse des investissements dans la production et le transport des hydrocarbures et donc relativement peu sensible à court terme aux cours du baril. Le déficit courant est très important, les importations de technologies et de services du secteur pétrolier restant massives. Les déséquilibres extérieurs sont largement couverts par les entrées d'investissements directs étrangers, qui ont permis à la production de pétrole d'augmenter de 10 % depuis 2000. Ces investissements devraient continuer à affluer et donc soutenir la conjoncture.
. Risques « Investissement »
- La situation politique et économique très stable influe favorablement sur le comportement de paiement des entreprises généralement bon. La probabilité de défaut est très faible
- La probabilité de défaut reste faible même si l'environnement économique et politique du pays ou le comportement de paiement des entreprises du pays est un peu moins bon
- Le comportement de paiement généralement moins bon que pour les catégories précédentes pourrait être affecté par une modification de l'environnement économique et politique du pays, même si la probabilité que cela conduise à un défaut de paiement reste peu élevée
- Le comportement de paiement souvent assez moyen pourrait en outre être affecté par un environnement économique et politique qui pourrait se détériorer, la probabilité que cela conduise à un défaut de paiement reste acceptable.
. Risques « spéculatif »
- Un environnement économique et politique incertain est susceptible d'affecter des comportements de paiement souvent médiocres.
- L'environnement économique et politique du pays très incertain pourrait détériorer un comportement de paiement déjà souvent mauvais
- Environnement économique et politique du pays présentant un risque très élevé qui aggravera des comportements de paiement généralement exécrables.

(Source : Coface)

 

Un conflit territorial persistant entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan : le Haut-Karabakh

Le Haut-Karabakh (ou Artsakh en arménien), d’une surface de 4 400 km2 avec une population de quelque 200 000 habitants, a pour « capitale » Stepanakert. Cœur du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, cette enclave, à majorité arménienne chrétienne, est située sur le territoire azerbaïdjanais. Le Haut-Karabakh a fait sécession en 1988. Le conflit aurait fait 30 000 morts entre 1988 et 1994 (date de signature d’un accord de cessez-le-feu), et entraîné l’exode d’environ 1 million d’Azéris. En dépit des efforts de médiation de l’OSCE (Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe) ainsi que de la Russie, de la France et des États-Unis au sein du Groupe de Minsk (créé en mars 1992, il comprend, outre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, neuf pays : l’Allemagne, la Biélorussie, les États-Unis, la France, l’Italie, la Russie, la Suède, la République tchèque et la Turquie), les négociations de paix n’ont jamais abouti entre les deux pays.

 

Carte d’identité

. Capitale : Bakou
. Population : environ 7 830 764 millions d’habitants (estimation juillet 2003)
. Densité : quelque 90 hab./km2
. Religion : musulmane (93,4 %)
. Surface : 86 600 km2
. Frontières : Arménie, Géorgie, Russie, Iran, Turquie et la mer Caspienne
. Monnaie : le manat (AZM)
. Langue : azerbaïdjanais, russe
. Indépendance : 30 août 1991
. Fête nationale : 28 mai
. Point culminant : Bazardazu Dagi (4 485 m)
. Ressources naturelles : pétrole, gaz, fer, aluminium, métaux non-ferreux
. Formalités : visa obligatoire
. Décalage horaire : + 3 h par rapport à la France

 

Contacts

. Ambassade d’Azerbaïdjan
209 rue de l’Université
75007 Paris – France
T : 01 44 18 60 20
F : 01 44 18 60 25

. Ambassade de France
7 rue Rassoul Rza
370000 Bakou – BP 36 – Azerbaïdjan
T : (+ 994 12) 93 71 80 – 93 12 86 – 98 23 05 – 98 70 51
F : 98 92 53

 

Sur internet

www.ambafranbakou.com (Ambassade de France)
www.dree.org/azerbaidjan (Mission économique de France)