La Coface : un partenaire privilégié des entreprises
La Coface bien connue du monde économique, a plusieurs compétences et reste, avec plus de 3 700 salariés, un partenaire privilégié des entreprises. Pour en savoir plus nous avons rencontré Sylvia Greisman, responsable des Risques pays et études économiques à la Coface

F&P : En ce début d’année 2003, les entreprises des pays industrialisés sont dans l’attentisme. Qu’est-ce qui pourrait les pousser à reprendre leurs investissements à court terme ?
Sylvia Greisman : Cette période charnière est empreinte de trop d’incertitudes pour favoriser la reprise des investissements. D’autant qu’un conflit prolongé en Irak affecterait le moral et la consommation des ménages, qui a, jusqu’à présent, soutenu l’activité. Pour que les investissements reprennent, il faudrait un environnement microéconomique favorable, comme la résorption des surcapacités, l’assainissement de la situation financière des entreprises et l’accès aux financements.
Les entreprises doivent en effet résoudre les problèmes liés à l’efficience de leurs équipements, au retard pris pour opérer les restructurations nécessaires. Elles doivent également résorber leurs niveaux d’endettement exceptionnels et amortir leurs acquisitions surévaluées qui font aujourd’hui l’objet de décotes importantes. Tout cela dans un contexte de déprime des marchés boursiers et de mutations profondes du système bancaire.
Quelle est votre analyse de la situation économique dans les pays émergents ?
II faut différencier les pays les plus dépendants des financements extérieurs comme le Brésil et la Turquie principalement qui font face à la défiance des marchés financiers de ceux, plus ouverts aux flux commerciaux et peu dépendants des marchés financiers, comme l’Asie et les PECO. Ainsi, on a assisté durant l’été 2002 à de fortes tensions sur les marchés financiers conduisant à une monté des « spreads » et à une forte dépréciation de la monnaie brésilienne. En revanche,.l'Asie émergente affiche une croissance qui se maintient grâce à une faible dépendance vis-à-vis des marchés financiers, une demande intérieure bien orientée et à une reprise des exportations vers les Etats-Unis .
Mais l’éclatement d’un conflit d’envergure au Moyen Orient ou au Cachemire ne manquerait pas d’avoir des conséquences négatives sur l’activité des pays dépassant largement le cadre régional.
Vous avez évoqué les PECO. Quelle est l’attitude des investisseurs vis-à-vis de l’Europe centrale et plus particulièrement des pays de la zone, futurs membres de l’Union européenne ?

A des degrés variables, l’intégration de ces pays dans l’Union européenne permettra, à court terme, de renforcer leurs stabilités politique et économique et d’ouvrir, à moyen terme, de larges opportunités. Les entreprises doivent donc, d’ores et déjà, intégrer cet élargissement de l’Europe dans leur stratégie de développement. L’ouverture de ces nouveaux marchés, proches géographiquement et culturellement, est favorable aux exportations de biens de consommation et les investissements nécessaires à la modernisation des infrastructures financées par l’UE représentent des opportunités de marché importantes pour le secteur des travaux publics. De plus la modernisation des unités de production souvent induite par les investissements étrangers est favorable aux ventes de biens d’équipement. II faut toutefois être conscients des risques, qui ne doivent pas être négligés : le PIB par habitant ne représentait en 2001 que 40 % de celui de l’UE ; il varie d’ailleurs du simple au triple entre la Lettonie et la Slovénie. Le secteur agricole occupe parfois un large pourcentage de la population active et manque d’efficacité. Enfin, l’introduction de règles de l’économie de marché est relativement récente et parfois mal assimilée. Ces pays présentent donc des vulnérabilités importantes, surtout lorsque la modernisation des économies n’accompagne pas au même rythme l’ouverture des frontières. Par ailleurs l’intégration au sein de l’Union s’accompagne de déséquilibres significatifs tels que d’importants déficits budgétaires ainsi que d’une forte appréciation des monnaies rendant certaines devises vulnérables à un risque de dévaluation brutale.

La Coface note 140 pays dans le monde
Afin de répondre au mieux aux besoins des entreprises désireuses de saisir toutes les opportunités de développement tout en se protégeant contre les risques, les notations @rating Coface sur 140 pays sont accessibles et mises à jour régulièrement sur le site www.cofacerating.fr, rubrique « Tout savoir sur… un pays dans le monde ». Leur consultation est gratuite.

A savoir
La Coface facilite le commerce interentreprises partout dans le monde en les aidant à gérer, protéger et financer leurs transactions commerciales, en leur permettant d’externaliser toute ou une partie de la gestion et des risques de leurs relations client-fournisseur.
Elle est en effet l’un des leaders mondiaux de l’assurance-crédit et des services de crédits management. Elle est présente en France à travers 26 implantations régionales et est également présente directement dans 56 pays et dans 99 pays grâce aux deux réseaux internationaux qu’elle a créé : Crédit-Alliance pour l’assurance-crédit et Info-Alliance pour l’information d’entreprise.
Parallèlement à ses deux métiers historiques que sont l’assurance-crédit domestique ou export et les services de crédit-management, comme l’information d’entreprise, la notation, le recouvrement et la gestion de créances, la Coface développe trois secteurs complémentaires : l’assurance-caution, le marketing BtoB et le financement du poste clients. En France, la Coface a une responsabilité spécifique puisqu’elle gère l’assurance-crédit export pour le compte de l’Etat.
L’offre commerciale de la Coface s’appuie sur trois outils exclusifs : un réseau mondial, un Système risque commun (outil de gestion qui suit 44 millions de sociétés dans le monde et qui permet à la Coface de gérer en permanence la notation et son encours de risque sur chaque société) et une notation assurable et une solution intégrée d’externalisation avec @rating (premier système mondial d’information, de notation du risque de crédit).
La Coface a réalisé en 2001 un chiffre d’affaires de 925 millions d’euros et a dégagé un résultat courant de 100,7 millions d’euros. Elle est notée « AA » par Fitch et cotée à la Bourse de Paris.
Les analyses risques de la Coface correspondent au croisement d’informations macroéconomiques (risques de conjoncture, de défaut de paiement de l’Etat, de crise systémique du secteur bancaire, de pénurie de devises et de dévaluation brutale, et risque politique) croisées avec des données microéconomiques concernant son expérience de paiements à court terme des entreprises des pays analysés.

Bibliographie
. Risque pays 2003, Coface, Mémo-guide Moci