L’Albanie : le pays des aigles

Synonyme dans beaucoup de mentalités de trafics en tout genre (drogue, prostitution, crime organisé), l’Albanie, le pays des aigles, à la réputation de corrompu, est méconnu de beaucoup. Avec ses 362 km de côtes maritimes, l’Albanie, l’un des pays les plus pauvres d’Europe (selon les Nations unies 46,6 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté), offre des avantages certains à tous les investisseurs intéressés : une main-d’œuvre jeune, qualifiée et bon marché, un système politique démocratique, une situation macroéconomique équilibrée, un secteur privé efficace, des ressources minières, un potentiel touristique avec sa côte méridionale et une localisation géographique proche des principaux marchés européens et méditerranéens (carrefour économique dans les Balkans - Kosovo, Macédoine et Monténégro). Des secteurs restent encore porteurs comme les infrastructures, le tourisme, les télécommunications, l’agriculture (53 % de la population en vivent) et le textile. D’autres domaines restent à suivre comme l’énergie, l’électricité et l’eau. Selon Adrian Shehu, président de TCN (Hi-tech System Integrator), le futur partenaire économique « doit venir en Albanie, étudier le marché, ne pas avoir de préjugés, trouver un partenaire local fiable et utiliser les ressources humaines albanaises ». Bujar Lybesha, vice-président de l’ADEEFA (Association pour le développement des échanges économiques entre la France et l’Albanie) et président du Forum francophone des affaires, estime que « son pays n’est pas assez connu et que les événements politiques passés ont laissé une mauvaise image. Pourtant, tout est à construire. La population est jeune et dynamique. L’Albanie est francophone et francophile, et les Albanais sont très proches de la mentalité occidentale ». La création d’emplois est un enjeu crucial pour le pays qui voit une grande partie de sa population en quête de partir vivre à l’étranger « pour une vie meilleure ». Il y aurait autant d’Albanais à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, basés essentiellement aux États-Unis, au Canada, en Grèce et en Italie, qui contribuent à faire rentrer des devises dans le pays pour aider leurs familles, source de revenus importante pour l’État. La place de la femme dans les institutions politiques laisse encore à désirer : deux femmes sont ministres (ministères de la Culture et des Sports, et du Travail et des Affaires sociales) sur 18 et cinq femmes, seulement, sont au Parlement sur 140 membres. Les Albanais, en quête d’identité et l’Albanie, à la structure traditionnelle clanique et d’une grande tolérance religieuse, se découvrent. Ce pays ne peut en aucun cas laisser indifférent après son premier voyage et donne envie d’y retourner. Par Delphine Evmoon.


Histoire
Les Albanais descendent probablement des Illyriens, peuple indo-européen installé dans la région de la côte dalmate à la fin de l’Âge de Bronze. Le nom d’Albano apparaît pour la première fois au IIème siècle de notre ère dans un texte du géographe Ptolémée, puis régulièrement à partir du Xème siècle avec les chroniqueurs byzantins.
Le territoire actuel des Albanais, colonisé par les Grecs entre les VIIème et Vème siècles av. J.-C. passe sous la domination de Rome au IIème siècle av. J.-C. Le territoire albanais appartient, après la partition de l’Empire romain en 395, à l’Empire romain d’Orient. Il se retrouve ensuite successivement envahi, comme les Balkans, par les Wisigoths, les Lombards, les Avars et finalement par les Slaves. Province de l’Empire byzantin jusqu’au IXème siècle, le pays est ensuite conquis par les Bulgares (IX-XIème siècles), puis reconquis par l’empereur Basile II en 1018. En 1190, à la faveur de l’affaiblissement de l’Empire byzantin ravagé par la quatrième croisade en 1204, se crée la principauté d’Albanie qui constitue le premier État albanais et dont la capitale est établie à Kruja. Au XIIIème siècle, le roi de Sicile,
Charles 1er d’Anjou, débarque en Albanie et proclame un éphémère royaume. La domination angevine s’écroule sous les attaques de l’Empire serbe d’Etienne Douchan (1331-1355) après la mort de qui le pays sombre dans l’anarchie. D’une mosaïque de petits États régis par des seigneurs albanais en conflit permanent entre eux émergent alors deux principautés rivales : l’une à Durrës avec Charles Topia, l’autre à Shkodra avec les princes Balsha. À la fin du XVème, l’Albanie est submergée par les Ottomans en dépit d’une farouche résistance rassemblée derrière Gjergj Kastrioti Skenderbeg (1403-1468). Pendant près d’un quart de siècle, ce héros national inflige de rudes défaites aux troupes turques, sans toutefois parvenir à les chasser. Après sa mort, l’Albanie retombe dans des déchirements féodaux et le sultan Murat II achève de réduire cette citadelle acensée de la chrétienté. L’histoire de l’Albanie sous l’occupation ottomane du XVIème siècle jusqu’à 1912 est une succession de révoltes qui échouèrent toutes ; les plus célèbres restent celle de Bushati à Shkodra (1796) et celle d’Ali Pacha de Tepelena (1822). La guerre russo-turque de 1877-1878 conclue par le traité de San Stefano provoque le réveil éclatant du sentiment national albanais. Ce traité cède aux Puissances et à la Russie victorieuse des territoires conquis de l’Albanie : le Sud aux Grecs, le Nord aux Serbes et l’Est aux Bulgares. Face à ce démembrement, tandis que se prépare le congrès de Berlin (13 juin 1878), les représentants albanais des diverses communautés se réunissent à Prizren et décident de créer une ligue armée ayant pour objectif de défendre le pays et d’obtenir l’autonomie. Connue sous le nom de Ligue de Prizren, elle a été détruite par les Turcs et les puissances européennes, mais elle reste une étape importante de la renaissance du sentiment national albanais.

Le XXème siècle
Le 28 novembre 1912, après quelque cinq siècles d’occupation ottomane, l’Albanie accède finalement à l’indépendance. Le 29 juillet 1913, les frontières du nouvel État sont définies par une commission internationale composée des représentants des six grandes puissances européennes (Allemagne, Angleterre, Autriche-Hongrie, France, Italie et Russie) et d’un seul Albanais. Sa superficie est alors limitée, dans le protocole de Florence du 17 décembre 1913, à 28 748 km2 et laisse en dehors de ses frontières toute la région du Kosovo, cédée à la Serbie, soit quelque 40 % de sa population. Actuellement, de nombreux Albanais vivent au Kosovo (représentant quelque 90 % de la population), en Macédoine (environ un tiers de la population) et en Serbie-Monténégro. Le nouveau roi alors choisi pour l’Albanie est un prince allemand de 35 ans, Guillaume de Wied (1876-1945), capitaine dans l’armée prussienne et neveu de la reine de Roumanie, dont le règne ne dura que six mois.
À la fin de la Première Guerre mondiale au cours de laquelle l’Albanie a été successivement envahie par les armées des deux camps, elle retrouve une très courte indépendance. La conférence de la paix à Paris reconnaît son statut international et elle est admise à la Société des Nations le 17 décembre 1920. La conférence des ambassadeurs de quatre pays, dont la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni, chargée de fixer les frontières restitue à l’Albanie les villages d’Épire du Nord, mais laisse au Monténégro les localités revendiquées par l’Albanie.
Les premières élections de l’Albanie indépendante se déroulent en avril 1921. Le 1er septembre 1928, Ahmet Zogu se proclame roi d’Albanie sous le nom de Zog 1er. Le 7 avril 1939, Mussolini adresse un ultimatum à l’Albanie et le fait suivre d’un bombardement. Le pays est ensuite envahi par les troupes fascistes tandis que le roi quitte l’Albanie avec sa famille. Le 12, Victor-Emmanuel III s’arroge le titre de roi d’Albanie. Il impose les lois fascistes et, dès le début de la Seconde Guerre mondiale, s’applique à créer la Grande Albanie, territoire dont les frontières correspondaient aux limites ethniques du peuple albanais et qui englobait le Kosovo, la Macédoine et la Tchamerie. La résistance albanaise s’organise autour du parti communiste d’Albanie sous la direction d’Enver Hoxha (formé en France) et en liaison avec le mouvement de Tito en Yougoslavie. Après la capitulation de l’Italie le 8 septembre 1943, le pays subit l’occupation nazie. Le 28 novembre 1944, toute l’Albanie est libérée et, le 11 janvier 1946, la République populaire d’Albanie est proclamée. Elle devient membre du Pacte de Varsovie en 1955.
L’Albanie rompt ses relations avec la Yougoslavie en 1948, puis avec l’URSS en 1961 et avec la Chine en 1977. Suite à ces séparations, l’Albanie, au lieu de se rapprocher de l’Europe, s’enferme dans un isolement total. Dirigée par Enver Hoxha (décédé en avril 1985), l’Albanie devient l’une des dictatures les plus dures des pays de l’Est. Ramiz Alia devient président en novembre 1982. À partir de 1990, suite au mécontentement général, le parti communiste entreprend des réformes économiques et politiques. Il faut cependant attendre la chute du mur de Berlin, la révolution en Roumanie, les exodes massifs de juillet 1990, l’intensification de la pression internationale et la révolte des étudiants de Tirana pour que, le 11 décembre 1990, le multipartisme soit instauré. À cette époque, de nombreux Albanais ont quitté leur pays pour s’installer essentiellement aux États-Unis, au Canada, en Grèce, en Italie, en Allemagne et en Grande-Bretagne. En mars 1991, lors des premières élections libres, les communistes prennent le pouvoir et Ramiz Alia est réélu en avril 1991. Les relations diplomatiques reprennent avec les États-Unis après 51 ans de rupture. Grèves et manifestations obligent le gouvernement à organiser des élections législatives en mars 1992 remportées par le parti démocratique. Sali Berisha devient le premier président de la République non communiste depuis la Seconde Guerre mondiale. En mai 1992, l’Albanie signe un accord de coopération avec l’Union européenne (appelée à l’époque Communauté économique européenne). En 1992, elle devient membre de l’Organisation de la conférence islamique et en juin 1995, membre du Conseil de l’Europe. En février 1997, un scandale financier, provoqué par la faillite de sociétés d’épargne (système bancaire pyramidal), déclenche une violente manifestation dans les rues de Tirana, la capitale, avant d’atteindre tout le pays. Des milliers de gens se retrouvent sans travail et sans argent du jour au lendemain. En mars, au plus fort de la crise, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise l’envoi en Albanie d’une force armée multinationale en charge d’assurer la sécurité des ports et d’acheminer l’aide humanitaire. Le 31 janvier 2003, Romano Prodi, président de la Commission européenne, s’est rendu en visite officielle en Albanie afin d’ouvrir les négociations sur un accord d’association et de stabilisation. Le 24 juillet 2002, Alfred Moisiu a été élu président de la République d’Albanie pour un mandat de cinq ans et Fatos Nano (Parti socialiste) est devenu Premier ministre le 31 juillet de la même année.


Carte d’identité
• Nom officiel : République d’Albanie
L’Albanie est membre de l’ONU, de l’OMC (depuis 2000), du FMI, de la Banque mondiale, du Conseil de l’Europe, de l’Organisation de la conférence islamique (1992) et de l’Organisation mondiale de la francophonie (1999)
Point culminant : Korab (2 751 m)
Monnaie : le lek (1 euro = 137 leks en mars 2003)
Climat : méditerranéen au centre, dans le Sud et sur la côte, et continental dans le Nord
Fête nationale : 28 novembre (1912)
Capitale : Tirana (quelque 700 000 habitants en 2003, contre 4 000 en 1703, 15 000 en 1901 et 250 000 en 1990). Tirana est située sur le même parallèle que Naples, Madrid et Istanbul et sur le même méridien que Budapest et Cracovie
Principales villes : Durrës, Shkodra, Korça, Vlora
Population : quelque 3,1 millions (2001) (dont 49,9 % d’hommes et 50,1 % de femmes) – elle est composée à quelque 95 % d’Albanais de souche – les minorités sont les Grecs (3 %), les Macédoniens et les Tsiganes
Croissance démographique : 1,06 %
Espérance de vie : hommes, 69,27 ans ; femmes, 75,14 ans
Densité : 106,8 hab./km2
Population urbaine : 42,2 %
Population rurale : 57,8 %
Langue : l’albanais. L’anglais et l’italien sont très répandus
Superficie : 28 748 km2
Frontières : le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine, la Grèce et les mers Adriatique et Ionienne
Religions : environ 70 % de musulmans, 20 % d’orthodoxes et 10 % de catholiques
Régime : république parlementaire
Structure administrative :
- Le président est élu pour cinq ans par le Parlement
- Le Premier ministre est nommé par le président sur proposition du parti ou de la coalition ayant la majorité en place au Parlement
- Le Parlement comprend 140 députés
- L’Albanie est divisée en douze départements, 309 communes et 65 municipalités

Guide pratique
(Pour téléphoner en Albanie, composez le + 355 pour le code de pays, le 4 pour Tirana, suivis du numéro de votre correspondant)

Comment y aller ?
• Il n’existe aucun vol direct au départ de Paris. Austrian Airlines propose des vols quotidiens Paris-Tirana via Vienne (T : 0820 816 816)
• Formalités : un passeport en cours de validité. Une taxe de 10 euros est à payer à votre arrivée à l’aéroport ainsi qu’au moment du départ
• Il n’existe aucun décalage horaire entre la France et l’Albanie

Où loger à Tirana ?
Au Grand Hotel Tirana. Situé au centre de la capitale dans l’un des plus beaux quartiers de la ville, ce quatre étoiles offre tout le confort nécessaire à vos voyages d’affaires (T : 253 219/253 ou 220/224 386 – F : 247 996)
Au Sheraton Tirana Hotel & Towers, ouvert en mai dernier. Ce premier cinq étoiles de la capitale offre toutes les facilités des hôtels de la même chaîne dans le monde entier dont la réputation n’est plus à faire (T : 235 762/63 – F : 235 764)

Où petit-déjeuner ?

Chez « Pains et pâtisseries ». Et oui, une Française, Marie-Thérèse Marchal, installée en Albanie depuis 1992, a ouvert à Tirana, en 2000, cet endroit charmant et chaleureux où les effluves de pain chaud et de gâteaux fraîchement sortis du four vous effleurent dès votre entrée dans ce salon de thé, au grand bonheur des Albanais
et des étrangers (Rruga Dëshmorët e 4 Shkurtit)

Où déjeuner ?
À La Tavernetta. Trattoria italienne située dans une cave de style gothique, buffet de salades et pâtes fraîches (T : 254 834)
Chez Era. Restaurant typiquement albanais fréquenté essentiellement par les habitants de la capitale (T : 257 805 – 260 749)

Où dîner ?
Au Sky club. Le seul restaurant panoramique de la ville où l’on peut également prendre un verre avant ou après dîner (T : 221 666, extension 143)
Au Prince Park. Cuisine internationale dans ce restaurant situé sur les hauteurs de la ville de Tirana dans un superbe parc. Le Chateaubriand y est délicieux (T : 345 954)

Où boire un verre ?
Au Boom Boom Room. Orchestre tous les soirs. Accueil charmant, pizzas pour les affamés, vins pour les amateurs et musique en direct pour tous les styles (T : 243 702)
Au Cowboy Manhattan Pub. Ambiance western, clientèle jeune (T : 253 822)

Médias : l’Albanian Daily News est le seul quotidien de langue anglaise (site Internet : www.AlbanianNews.com). Pour en savoir plus sur l’économie du pays, se procurer sur place l’Albanian Observer (T : 235 242)

Contacts
En France
Ambassade d’Albanie
57 avenue Marceau
75116 Paris
T : 01 47 23 31 00
F : 01 47 23 59 85
En Albanie (Tirana)
Alliance française
T : 364 932 – F : 365 078
(il existe trois Alliances françaises en Albanie. Celle de Tirana est ouverte depuis 1992)
Ambassade de France
T : 234 250/234 054
F : 234 442 - site Internet :
http://ambfrtir.albnet.net
Mission économique de France
T : 234 266 – F : 228 983 – site Internet : www.dree.org/albanie
(Tirana est une antenne de la Mission économique de France basée à Rome)
Délégation de la Commission européenne
T : 228 320/234 284 – F : 230 752 – site Internet :
www.delalb.cec.eu.int
UNDP (United Nations Development Programme)
T : 233 122 – F : 234 448 – site Internet : www.undp.org.al
ADEEFA (Association pour le développement des échanges économiques entre la France et l’Albanie)
T : 259 107/272 827 – F : 272 828

Ne pas manquer !
A quelque 30 mn en voiture de la capitale (soit 32 km), visiter le village de Kruja et son château situés dans les montagnes. Kruja est située à 600 m d’altitude. Sa position est stratégique et vous offre une vue imprenable sur la ville d’Ulqini au Monténégro et la mer Adriatique. Visiter ce village relève d’une obligation si l’on s’intéresse à l’histoire de l’Albanie car son passé relate la vie et le travail du héros national Gjergj Kastrioti Skenderbeg, dont on peut visiter le musée situé dans son fort reconstruit.

A lire absolument !
L’écrivain Fatos Kongoli
Fatos Kongoli, francophone et francophile, est né en 1944 à Elbasan, au centre de l’Albanie. Mathématicien de formation (trois d’études à Pékin en Chine de 1961 à 1964), il a été professeur, puis a travaillé dans la presse et l’édition. Il se consacre aujourd’hui à l’écriture, sa passion. « L’Albanie n’a pas besoin de charité, mais de compréhension et de connaissance », dit-il au sujet de son pays cher à son cœur. Fatos Kongoli a découvert la France en 1989, mais elle toujours représentée dans son imaginaire « un espace d’évasion et de liberté ». C’est son père, violoniste, qui lui a fait choisir la langue française à l’école. Ses auteurs français préférés sont nombreux : Victor Hugo, Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar, Stendhal, François Mauriac et Jean Giono. « L’Albanie, aux traditions claniques, est le pays de la région le plus lié à l’Occident et la tolérance religieuse est un fait au quotidien », ajoute-t-il fièrement. Son premier livre « Les mêmes soucis » est paru en 1972 en Albanais avant d’être traduit en français quelques années plus tard. Son dernier roman, « Le rêve de Damoclès », paru aux éditions Rivage en 2001, est le quatrième de sa tétralogie sur l’Albanie contemporaine et ressemble à un règlement de compte avec son histoire albanaise durant les temps de la dictature. « Ces romans sont une incursion dans le passé qui appartient encore à la réalité quotidienne d’aujourd’hui en Albanie », précise t-il. Son écriture est belle et envoûtante, chargée d’émotion et de violence. Il prépare actuellement son cinquième recueil qu’il considère « comme un pont pour traverser une autre époque ». Un nouvel univers commence.
(Les trois premiers titres de sa tétralogie sont : Le Paumé, L’ombre de l’autre, Le dragon d’ivoire, parus aux éditions Rivages)

Une Française à Tirana
Marie-Thérèse Marchal

En 1989, Marie-Thérèse Marchal, alors consultante indépendante pour des compagnies d’assurances spécialisées dans les expertises d’immeubles, mariée et mère de cinq enfants (aujourd’hui grand-mère), rencontre, lors d’un dîner familial à Paris, un couple âgé habitué de l’Albanie pour des raisons humanitaires. Ils lui demandent de venir lors d’un prochain séjour. Marie-Thérèse, peu habituée aux voyages, intriguée, dit oui. Son aventure albanaise commence le 17 mai 1990.
Elle se rend à la Chambre de commerce de Tirana, rencontre une jeune Albanaise parlant le français et toutes deux se mettent à discuter de ce qu’il est possible de faire dans ce pays. Marie-Thérèse, blonde, grande et élégante, rentre à Paris débordante d’enthousiasme et pleine de nouvelles idées en tête. Jusqu’en 1992, elle effectue plusieurs allers-retours entre la France et l’Albanie avant de décider de s’y installer. Elle devient consultante pour des entreprises françaises et s’implique dans la vie sociale locale. En 1996, parlant désormais couramment la langue nationale, elle obtient la double nationalité « pour se sentir plus proche des Albanais ». Après la catastrophe financière de 1997, Marie-Thérèse choisit de se lancer en politique « pour savoir ce qu’elle pouvait apporter à la population ». Elle se présente en indépendante pour la première fois aux élections parlementaires en 1997 et récolte 3 % des voix à Kavajë. En juillet 2000, elle monte sa propre affaire : une pâtisserie/salon de thé à la française, un endroit chaleureux et accueillant en plein cœur d’un quartier chic de la capitale, Tirana. Pains au chocolat, croissants, brioches, tartes aux pommes ou aux fruits, gâteaux au chocolat, madeleines au citron (la spécialité de la maison), confitures aux quetsches ou aux abricots, sandwichs jambon/beurre/cornichons/baguette ou tomates farcies (le plat du jour), tout vous fait envie et résister devient impossible. Elle forme son personnel, emploie quelque dix personnes et organise régulièrement des soirées « poésies ». Dynamique, pleine d’enthousiasme, créatrice et un tant soit peu idéaliste, elle ne baisse pas les bras, persiste, veut devenir une locomotive politique et se représente en 2001, à Tirana, dans le quartier où elle habite. Son programme : créer des emplois, construire des immeubles à loyers modérés pour que les jeunes arrêtent de quitter le pays faute de moyens, résoudre les soucis d’acheminement d’eau potable et créer un ministère de contrôle des autres ministères pour faire face aux nombreux problèmes de corruption, monnaie courante en Albanie, mais fléau contre lequel le gouvernement essaie de lutter. Nouvel échec politique, mais elle ne désespère toujours pas pour autant. Elle y croit, reste sensible aux sourires des Albanais et veut laisser un souvenir derrière elle. « J’ai quitté mon pays, mon mari et mes enfants. J’ai donné plus des dix dernières années de ma vie à l’Albanie et aux Albanais. Me le rendent-ils vraiment ? », s’interroge souvent Marie-Thérèse Marchal, qui aime profondément ce pays. Quelle sera la réponse ? Seul l’avenir le dira ou les prochaines élections municipales en octobre 2003.

Le point de vue de…
Julien Roche

Installé depuis 1992 en Albanie, homme d’affaires réputé d’origine française, fin connaisseur de l’Albanie, Julien Roche est actuellement co-président de la société Ada Holding, créée le 20 octobre 1989, avec Marsel Skendo, de nationalité albanaise.
Le plus grand groupe privé du pays fédère aujourd’hui 28 sociétés et fait travailler en totalité plus de 3 870 personnes.


F&P : Que pensez-vous de la présence française en Albanie et de son évolution ?
Julien Roche :
La présence française en Albanie est malheureusement trop limitée. Cela tient principalement au fait que l’histoire a rarement fait se rencontrer ces deux pays, à l’exception de la période des guerres balkaniques où la France a créé la première République des Confins d’Albanie, d’où est né le fameux Lycée français de Korça, ville appelée habituellement « le petit Paris » encore aujourd’hui. La conférence de Londres en 1912 a tracé les frontières modernes de l’Albanie en négligeant les importantes minorités dans ce que sont aujourd’hui le Kosovo, la Macédoine et le Monténégro. D’où les problèmes actuels qui remontent à ces décisions de cabinet sans rapport avec les réalités ethniques. Mussolini, lors de son « séjour » en Albanie, a fermé ce Lycée français de Korça qui ne devait jamais voir ses portes s’ouvrir à nouveau.
Et pourtant, une tradition francophone demeure dans cette région où Radio France Internationale (RFI) vient de mettre en place le premier émetteur en langue française pour le plus grand bonheur de ses habitants après avoir équipé Tirana et le Nord de l’Albanie.
Depuis quelques années, sous l’impulsion personnelle de l’ancien président de la République, Rexhep Meidani, universitaire et fin francophile, l’Albanie est rentrée dans le monde de la francophonie. Mais il reste encore tant à faire : il n’y a pas de Centre culturel français ni de conseiller commercial à l’Ambassade de France, cas unique en Albanie (il existe tout de même un bureau de représentation de la Mission économique française à Rome qui fait un travail efficace sous la houlette de Mirela Mata).
Air France volait sur Tirana pendant les dernières années de la dictature, désormais aucun vol direct ne relie Paris à Tirana et ceci depuis onze ans. L’Albanie est le seul pays de la région à n’avoir jamais reçu la visite d’un président de la République française (Lionel Jospin, Premier ministre, a visité les forces françaises stationnées à Elbasan en Albanie centrale pendant deux heures à l’occasion de la guerre au Kosovo en 1999).
Il n’existe pas de protocole financier entre la France et l’Albanie, l’aide bilatérale est quasiment inexistante (à l’exception de la branche prestigieuse d’un hôpital à Tirana). Pourtant, la France participe de façon significative, via l’Union européenne, à l’aide à l’Albanie, mais elle est invisible aux yeux des Albanais. La Suisse, par exemple, qui offre des financements bilatéraux vingt-cinq fois moins importants que la France, apparaît du fait de la bilatéralité et de l’effort que ce pays fait pour les mettre en valeur aux yeux des Albanais, comme un important contributeur.
Il existe pourtant à Tirana une « minorité » d’Albanais fins francophones et francophiles, qui appartient généralement à l’élite nationale dans son domaine de compétences.
Plus généralement, l’Union européenne (dont la France pour environ 20 %) finance le développement albanais et les États-Unis y font la politique. Ce simple rappel (d’un Premier ministre albanais en exercice) des morts américains sur les plages de Normandie, outre son bon goût douteux, avec l’envoi d’un corps expéditionnaire de 75 hommes pour l’Irak (qui a quitté l’Albanie le lendemain de la prise de Bagdad) et la signature du document de Vilnius en soutien inconditionnel aux États-Unis montrent de façon claire cet attachement historique au principe « du grand frère protecteur » (en oubliant les vrais principaux bienfaiteurs), qui furent en leurs temps la Yougoslavie, puis l’Union Soviétique, la Chine et enfin les États-Unis. Une fausse image de la France, amie des Serbes, perdure dans son aspect très négatif.
Pourtant, l’Albanie est sur le chemin de l’Europe, la route est encore longue, mais les mentalités évoluent dans le bon sens.

Quels sont les avantages et les désavantages que peut présenter l’Albanie aux yeux des investisseurs français ?
Alors qu’un traité d’Amitié entre l’Albanie et la France et qu’une convention de protection réciproque des investissements aient été ratifiés par les deux Parlements, il n’existe malheureusement pas encore dans les faits de convention de non double imposition pour les investisseurs français en Albanie.
La Coface ne couvre pas le « risque » albanais et les entreprises françaises ne sont pas franchement attirées par ce marché pourtant intéressant.
Lorsqu’un Français est résident en Albanie, il doit payer des impôts également sur ses revenus hors d’Albanie. Il y a donc un certain nombre d’aménagements à réaliser et les autorités compétentes semblent s’en préoccuper.
En revanche, il faut insister sur le fait que l’Albanie n’est plus un pays dangereux. Il est certainement moins risqué de se promener dans Tirana le soir que dans certains quartiers de Paris ou de Washington. Le signataire de ce document s’est fait agresser deux fois pendant ces douze dernières années de présence en Albanie : une fois à Paris 15ème et l’autre fois à Megève ! Évidemment, il existe des zones isolées et sauvages en Albanie qui sont à éviter, mais elles sont loin des métropoles et ne présentent aucun intérêt économique, pour le moment, pour l’investisseur étranger.
Un avantage important : l’Albanie ne produit pratiquement rien pour le moment. La majorité des produits un peu évolués, voire simplement agricoles, est importée ! Il y a donc un énorme marché pour la remise en route de la production locale dans tous les domaines pour les PME françaises, à condition qu’elles fabriquent sur place des produits solides et fiables, et qu’elles trouvent des partenaires albanais de premier plan qui pourront gérer, pour leurs comptes, les « spécificités » albanaises du moment qui sont l’obstacle principal au développement industriel et harmonieux de ce pays. Il faut en effet savoir que la concurrence est rarement loyale et que la façon de gérer les conflits d’intérêts est parfois très acrobatique et fort éloignée dans les faits des décisions de justice, les hommes de pouvoir portant souvent très bien leur nom.
Enfin, et curieusement, alors que le Sud de l’Italie, toute proche, manque cruellement d’eau, l’Albanie est la première ressource en eau de toute l’Europe ! Ce qui n’empêche pas la capitale, Tirana, de manquer régulièrement d’eau par le fait de réseaux de distribution obsolètes. Le paradoxe albanais !
L’électricité est encore un énorme problème pour les quelques années à venir, en attendant que les très importants investissements réalisés dans ce domaine grâce aux bailleurs de fonds internationaux ne se révèlent opérationnels.

Quels peuvent être les secteurs porteurs ?
. Dans l’immédiat : des nouveaux marchés (éviter de rentrer en compétition avec des opérateurs locaux existants) ; la production locale pour le marché local (tous secteurs) ; la production locale pour l’exportation dans le textile, la chaussure... ; une main d’œuvre de qualité, relativement bon marché, mais attention au suivi de qualité ; l’agriculture : serres, vinification… ; les plantes médicinales, le tabac.
. À terme : le tourisme dans le Sud de l’Albanie et la gestion des ressources naturelles d’eau.

Un message ?
L’Albanie n’est pas un pays facile, mais il serait dommage de ne pas s’y intéresser car de réelles potentialités existent. Son approche est parfois déconcertante, mais, jour après jour, la situation s’améliore, les Albanais ayant la particularité de collectionner les erreurs qui paradoxalement les font avancer plus vite que les autres dans la bonne direction. Un solide bon sens, des nerfs d’acier et un excellent partenariat local rendent l’Albanie véritablement attractive. Mais il ne faut pas en minimiser les risques, surtout sans soutien d’organismes comme la Coface.

Rencontre avec Ismail Kadaré
F&P : Pourquoi avoir choisi l’écriture dans un pays où, à l’époque, la liberté d’expression n’existait pas ?
Ismail Kadaré :
L’écriture était une passion et une vocation. Quand j’ai commencé à écrire, je n’avais pas conscience de la situation politique de mon pays. Je pensais qu’il était comme les autres. Je ne savais pas que la liberté n’existait pas et, de plus, j’étais très jeune lors de mes premiers écrits. J’avais onze ans. À dix-sept ans, j’ai publié mon premier livre de poèmes. Je n’ai compris que bien plus tard ce que signifiait la répression de la littérature.

Vous avez quitté l’Albanie en 1990. Sort-on indemne d’une vie d’enfermement sous la dictature ?

Personnellement, la dictature n’a laissé aucune trace dans mon esprit. Si l’écrivain prend au sérieux la dictature, il est fini. Vous vous en sortez si vous vous sentez lié à la littérature. Quelle place peut occuper un dictateur face au fantôme d’Hamlet. J’étais lié à un autre monde. Si avec les années vous gardez cette priorité, vous êtes sauvé. La distance que vous avez avec votre pays n’est alors pas dangereuse. Malheureusement, une grande partie des écrivains tombent dans ce piège et prennent trop au sérieux l’ordre social. La folie peut les guetter.

Pourquoi être venu en France quand vous avez décidé de quitter l’Albanie ?
Quand je suis venu en France, cela n’avait rien à voir avec l’essence même de la dictature albanaise. Ma famille et moi-même n’étions pas en danger en Albanie. J’ai choisi de rester en Albanie avec son malheur quand la répression était terrible. Quand je suis parti et ai demandé l’asile politique en France, cela n’était pas pour me sauver de la dictature, mais pour raconter aux Albanais, de l’extérieur, ce qui se passait dans leur pays. Cette époque correspondait à celle de la libéralisation de l’univers communiste et les dirigeants albanais jouaient un jeu assez hypocrite en promettant à la population des réformes et un rapprochement avec l’Occident qui n’arrivaient jamais. Comme la Corée du Nord et Cuba. Les décisions devaient être radicales et l’urgence était de mise. Rapidement après mon arrivée, la radio « Voix d’Amérique », qui donnait une émission en langue albanaise, a annoncé que j’allais faire une déclaration sur les ondes : les Albanais sont rentrés chez eux et ont écouté ce que j’avais à dire. Le message était : « J’ai quitté l’Albanie, ce pays est en danger, il faut que l’Albanie se rapproche de l’Europe et qu’elle devienne démocratique ». Cela a fait l’effet d’une bombe atomique. Le lendemain, on m’a traité de traître et tous mes livres ont été interdits dans les librairies albanaises. Mais cela n’était pas possible car j’étais dans toutes les bibliothèques et les manuels scolaires. Toute la population ne parlait
que de cela. Deux mois après, le mouvement des étudiants albanais a commencé. Je ne dis pas que j’en suis à l’origine, mais j’ai joué le rôle que je m’étais promis en partant.

Que pensez-vous de l’Albanie d’aujourd’hui et de son image à l’extérieur ?
L’Albanie a une image qu’elle ne mérite pas. On a écrit beaucoup de mal et noirci son portrait. Ce pays a une histoire et une civilisation ancienne oubliées. Les Albanais, en général, ont un niveau culturel et d’éducation assez élevé. Tous les prétextes sont bons pour en donner une image déplorable : c’est une nation communiste, toutes les mafias y sont présentes et tous les trafics la traversent. Comment cette petite Albanie, avec son espace géographique étroit, très jeune sur le plan des relations internationales, peut-elle diriger la mafia européenne ? C’est une ineptie totale. Les minorités ne sont pas non plus persécutées comme on se plaît à le raconter. La mafia albanaise existe et elle est liée avec les politiciens, mais ce n’est pas une spécialité albanaise. A la télévision française, on ne voit pas de reportages objectifs. On montre toujours les poubelles et les Tsiganes, non représentatifs de la population albanaise, ni de la vie du pays. La France, même si on montre des images négatives, véhicule une image forte et construite. Ce n’est pas le cas de l’Albanie qui doit l’instaurer.

Comment expliquez-vous que les contacts entre l’Albanie et la France soient si faibles ?
Ce n’est pas la faute des Albanais. La France a été découragée dans les Balkans et a toujours gardé son amitié avec la Serbie, qu’elle prend pour un grand pays. Ce qui n’est pas vrai. Certains ambassadeurs de France en Albanie ont même contribué à détruire les relations entre les deux pays. Je l’ai dit au ministère des Affaires étrangères français et à l’Assemblée nationale. On ne m’a pas écouté.

Si vous deviez décrire l’Albanie en quelques mots aux personnes qui ne la connaissent pas, que diriez-vous ?
C’est un pays assez pauvre qui essaie d’avoir une vie normale. La classe politique, dans son ensemble, est peu constructive. La corruption est courante. L’Albanie est par contre, aujourd’hui, l’un des pays les plus émancipés politiquement et socialement des Balkans, et l’un des premiers pays de la région à s’être débarrassé du nationalisme. Même si on dit le contraire, c’est un mensonge. Les Albanais sont courageux, aventuriers, ambitieux et détachés de ce nationalisme idiot balkanique. Ils ont une énergie formidable utilisée, parfois, je dois le dire, négativement. La presse est libre, parfois trop, agressive et très critique envers son gouvernement. Ce pays fait parfois des erreurs, mais souvent retournées contre elle-même. L’Albanie a besoin de compréhension, d’indulgence, d’objectivité et de partialité.

 

L’économie en chiffres
• Importations (2002) : 1,5 milliard de dollars (en provenance de l’Union européenne à hauteur de 75 %)
• Exportations (2002) : 330 millions (+ 8 % par rapport à 2001)
• Revenus du secteur touristique (2002) : 486 millions de dollars
• Revenus des travailleurs albanais à l’étranger (2002) :
606 millions de dollars
• Taux de croissance (2002) : entre 4 et 5 %
• Taux de chômage (2002) : officiellement d’environ 16 %
• PIB/hab. (2002) : 1 200 dollars
• Taux d’inflation (2002) : 5,1 %
• Les PME-PMI constituent 97 % du total des entreprises
privées
• Ressources : agriculture (céréales, fourrages, légumes, pommes de terre, haricots), pêche, chrome, cuivre, nickel, pétrole, gaz, hydroélectricité et ciments
• Principaux partenaires économiques
- à l’importation : Italie, Grèce, Allemagne, Turquie, Royaume-Uni, Suède, Espagne, Slovénie, Chine et Bulgarie
- à l’exportation : Italie, Grèce, Macédoine, Suisse, Allemagne, Serbie-Monténégro, France, États-Unis
• De 1997 à 2001, le flux d’investissements directs étrangers a atteint près de 500 M d’euros (dont 34,2 % ont été réalisés par la Grèce et 20 % par l’Italie)
Infrastructures :
• Réseau routier : 18 000 km
• L’aéroport international Mère Thérèse à Rinas est le seul aéroport international du pays (situé à 24 km de la capitale)
• Le réseau de chemin de fer est de 447 km
• Le port de Durrës est le plus important (enregistrant 50 % des échanges albanais) avec celui de Vlora (développé essentiellement depuis 1998)
• Les principaux objectifs économiques du gouvernement en 2003 sont : les privatisations d’Albtelecom, du secteur pétrolier et des Chemins de fer, la restructuration de la Banque des épargnes, la sélection du concessionnaire de l’aéroport international de Rinas, la sélection de l’investisseur pour les aqueducs de Berat et Kuçova et la restructuration de la compagnie nationale d’électricité KESH. L’un des objectifs politiques reste la lutte contre la corruption, la contrebande et le crime organisé
• Le montant de l’aide de l’Union européenne consacrée à l’Albanie varie, chaque année, de 40 à 50 millions d’euros

(Sources : Banque d’Albanie, FMI, Mission économique de France à Tirana, Commission européenne)

Femme d’histoire
Mère Theresa
(1910-1997)
Née le 26 août 1910 à Skopje en Macédoine, Agnès Gonxha Bajaxhia était la plus jeune d’une famille albanaise de trois enfants. Depuis son plus jeune âge, elle décide de consacrer sa vie à Dieu et à son travail. A 18 ans, elle rejoint les Sœurs Loreto en Inde, où elle choisi le nom de Sœur Theresa. Le 24 mai 1937, elle prononce ses vœux et rejoint le couvent de Darjeeling. En 1948, elle ouvre la première école pour les enfants des bidonvilles de Calcutta. Elle reçoit le prix Nobel de la Paix en 1979 et la « Bharat Ratna » en 1980, la plus haute distinction indienne. Elle décède le 5 septembre 1997.

Homme d’histoire
Gjergj Kastrioti Skenderbeg
(1405-1468)
Le héros national de l’Albanie est né en 1405 à Kruja. Diplômé de l’École militaire appartenant alors à l’Empire ottoman, il a été distingué comme l’un des meilleurs officiers dans plusieurs campagnes ottomanes en Asie mineure et en Europe. En 1443, héros d’une bataille contre les Hongrois sur un territoire appartenant à la Serbie actuelle, il abandonne l’armée ottomane alors en direction de Kruja, fief de son père au cœur de l’Albanie. Il lève sur le château le drapeau albanais (rouge avec l’aigle noir à double tête) et prononce à ses citoyens une phrase restée célèbre : « Je ne vous ai pas apporté la liberté. Je l’ai trouvée parmi vous ». Il réussit alors à unir tous les princes albanais afin de lutter, sous son commandement, contre les Turcs. Ses succès militaires plurent beaucoup aux gouvernements de Naples et de Venise, et à l’État papal, eux-mêmes menacés par la puissance turque avançant vers l’Adriatique. Le roi de Naples, Alfonso le Magnanime (1416-1458), le prend sous son aile et lui fournit des aides financières, militaires et un refuge en cas de départ précipité avec sa famille. Skenderbeg a toujours été un ardent défenseur de la cause chrétienne dans les Balkans et a été étroitement impliqué dans la politique de quatre papes successifs. Il décède de mort naturelle en 1468 à Lezha, en Albanie.

France-Albanie
• Les relations franco-albanaises portent essentiellement sur la coopération médicale, la sauvegarde du patrimoine albanais en partenariat avec l’association Patrimoine sans frontières, les fouilles archéologiques (50 % des missions en Albanie sont françaises), l’aide à l’édition d’ouvrages français traduits en albanais, la délivrance de bourses à des étudiants albanais désireux d’étudier en France, la coopération entre le Conservatoire de Paris et l’Académie des arts de Tirana
• Budget français pour la coopération : 600 000 euros par an. Cette enveloppe est multipliée par deux grâce aux projets ponctuels
• Un projet est en cours sur l’ouverture d’une école albanaise de cinéma soutenue par la France
• Quelque 50 Français vivent en Albanie
• Un accord sur l’encouragement et la protection réciproque des investissements a été signé le
13 juin 1995
• L’image de la France en Albanie : symbole et moteur de l’Europe, les Albanais connaissent très bien l’histoire de la France et sa culture, la France est réputée pour sa mode et son élégance
• La France est le 12ème fournisseur et le 7ème client de l’Albanie
• 10 entreprises françaises sont implantées en Albanie