© Delphine Evmoon

Lahore, capitale historique et culturelle

La ville de Lahore, symbole de l’histoire moghole, s’étend sur la berge orientale de la Ravi, affluent de l’Indus. Selon la légende, Lahore aurait été fondée par Loh, le fils de Rama, héros de Ramayana, la célèbre épopée hindoue. Son nom lui viendrait d’une contraction de « Loh awar » signifiant « le fort de Loh ».

L’histoire de la ville n’est connue qu’à partir de 1021, année de la conquête du Pendjab par les Ghaznévides dont elle devient la seconde capitale. C’est à ce moment que Lahore devient un important centre de culture islamique fréquenté par des savants, des artistes et des personnalités religieuses, comme le révéré Data Gunsh Bakhsh.

En 1186, les Ghaznévides ont été chassés de Lahore par Mohammed de Ghor. Sous le sultanat de Delhi, la ville a connu des périodes de faste et de déclin. Qutub-ud-din-Aibak, successeur de Mohammed de Ghor, y a été couronné en 1206. Puis il a été à son tour chassé par les troupes de Gengis Khan. La ville est restée la proie des moghols pendant trois siècles.

Le réel apogée de la ville se situe à l’époque moghole. En 1526, Bâbur a défié le sultan de Delhi à la bataille de Panipat et a fondé l’Empire moghol, puissante dynastie qui a régné jusqu’en 1858. Chacun des successeurs a enrichi la cité de monuments que l’on peut encore voir aujourd’hui.

Akbar séjournait souvent à Lahore, dont il fit sa capitale de 1584 à 1598. Il a fait construire le fort de la place Hazuri Bagh. L’empereur Jahangir a fait bâtir un palais à l’intérieur du fort et un mausolée à double coupole au bord de la Ravi, à Shahdara, où il est enterré à côté de son épouse Nur Jahan. Shah Jahan, qui y est né, a doté la ville de monuments tous plus beaux les uns que les autres, dont la porte de l’Eléphant, le palais des Miroirs, la Moti Masjid et les jardins de Shalimar. Quant à l’empereur Aurangzeb, il y a édifié la mosquée Badshahi et la porte d’Alamgiri du fort de Lahore.

Au XVIIIème siècle, avec le déclin de la puissance moghole, le Punjab a connu une période de troubles. La région a été envahie et pillée à plusieurs reprises par les Perses et les Afghans. De 1745 à 1756, Lahore a été gouvernée par des gouverneurs provinciaux qui ne pouvaient dominer la situation. Les invasions et l’instabilité du gouvernement local ont permis à des sikhs de contrôler certaines régions. En 1764, Lahore a été gouvernée par un triumvirat de chefs sikhs. La population en ayant assez a demandé l’intervention de Ranjit Singh. Il a finalement pris la ville en 1799 et est devenu roi du Punjab.

Aujourd’hui, une atmosphère particulière règne à Lahore, capitale de la région pakistanaise de Punjab. On y sent le poids de l’histoire avec son architecture, ses immeubles non seulement d’origine moghole mais aussi britannique, et ses jardins qui invitent au romantisme et à l’inspiration. Lahore est devenue une cité culturelle, où les studios de cinéma se bousculent, et économique.


© Delphine Evmoon

À découvrir

. Les jardins de Shalimar
Situés à l’est de Lahore et à 18 km de la frontière indienne, les jardins de Shalimar ont été conçus par Shah Janan en 1642 et se composent de trois grandes terrasses quadrillées par des canaux et agrémentées de cascades et de fontaines.

. La mosquée Badshahi (ou la mosquée impériale)
« Badshah » est un mot d’origine persane, langue utilisée pendant la période de l’empire moghol, signifiant « roi ». Cette magnifique mosquée a été construite en 1673 par le sixième empereur moghol, Aurangzeb Alamgir.


© Delphine Evmoon

. Le Fort (ou fort royal)
Ce fort a été construit à l’origine pour des questions de protection et de défense puis a servi de résidence royale. Le troisième empereur moghol, Akbar le Grand, en est le fondateur.

. Le Musée de Lahore (Lahore Museum)
Ce musée, construit en 1864, s’appelait autrefois le Musée des arts et de l’industrie du Punjab. L’artisanat local y est bien représenté ainsi de magnifiques sculptures du Gandhara, de très belles collections de statues hindoues, bouddhiques et jaïns, ainsi que des objets provenant de la civilisation de l’Indus, de Birmanie et de Chine, des peintures miniatures et des calligraphies. L’une des pièces maîtresses du musée est le célèbre Bouddha jeûnant, unique au monde, en provenance de Taxila. On peut y admirer un Coran du IXème siècle et d’anciens manuscrits persans. Le musée possède également une collection unique de 40 000 pièces de monnaies.  


© Delphine Evmoon