|
LA BOSNIE-HERZÉGOVINE : UN POTENTIEL TOURISTIQUE INDÉNIABLE
Rencontre avec Semsudin Dzeko, président de l’Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine. Faits & Projets :
Quel est le rôle de votre Association ? Qu’avez-vous à
offrir en Bosnie-Herzégovine ? Quels touristes souhaitez-vous
attirer ? En Bosnie-Herzégovine, tous les genres touristiques sont possibles. Dans un si petit pays, le tourisme historique, religieux, sportif et thermal, hivernal et estival, est à votre disposition. Nous avons reçu les Jeux olympiques d’hiver en 1984. 51 % du territoire sont couverts de forêts et de rivières. La nature est intacte. Étant donné notre taille, les villes peuvent être reliées facilement les unes aux autres dans un délai relativement court.
À la découverte de la Bosnie-Herzégovine La Bosnie-Herzégovine, méconnue et à découvrir, est une destination chaleureuse, hospitalière et amicale, et offre un tourisme varié et divers, correspondant à tous les goûts : l’écotourisme, le tourisme religieux, de montagne, historique et culturel, sportif et d’aventure, le tourisme de mer et le thermalisme. Les amateurs de vins - une tradition depuis la monarchie austro-hongroise - en se rendant en Herzégovine pourront rencontrer la trentaine de producteurs de rouge et de blanc présents et déguster les produits du crus. Rappelons que la Bosnie-Herzégovine est le point de croisement des civilisations orientales et occidentales - Sarajevo, surnommée la « petite Jérusalem », étant la seule ville européenne à avoir dans le même périmètre une synagogue, une église catholique, une église orthodoxe et une mosquée. Grâce à son héritage culturel, elle offre une société diversifiée.
SARAJEVO Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine située à quelque 1 800 kilomètres de Paris, est une ville byzantine et ottomane, italienne et autrichienne, où les différentes influences culturelles se ressentent selon les quartiers. Deux mondes prédominants s’y croisent et s’y rencontrent : l’oriental turc et l’austro-hongrois. Les églises catholiques et orthodoxes côtoient les mosquées et une synagogue. Elle a également reçu les Jeux olympiques d’hiver en 1984. L’histoire de Sarajevo, ville où l’on se sent rapidement chez soi, est longue et riche. Porte entre la Grèce et l’Asie mineure et l’Europe dans les temps anciens, elle est également la connection entre l’Europe du Nord et le bassin méditerranéen. Les premiers habitants auraient été les Illyriens, suivis par les cultures prédominantes de l’est et de l’ouest : hellénisme au temps de la préhistoire, mithraïsme, cultures byzantine et ottomane vers le milieu du XVème siècle, puis romaine et vénitienne, et austro-hongroise. Rappelons que Sarajevo a connu entre 1992 et 1995 un siège de quelque 1 400 jours.
Ne pas manquer de visiter le Musée de la ville de Sarajevo, la Bibliothèque nationale (construite en 1892 par les Autrichiens, incendiée en 1992 et actuellement en reconstruction), la mosquée Havadze Duraka (style ottoman), la place de Sebij (place aux pigeons avec une fontaine centrale construite en 1753 par les Ottomans), l’Église orthodoxe des archanges Gabriel et Michael, la Grande Mosquée Gazi Husrev-Begova (la plus importante du pays construite en 1530), la Sahat Kula (tour de l’horloge), le pont Kozija Cuprija (le plus vieux de la ville construit au début du XVIème siècle), la Synagogue Ashkenazi (la seule en activité), la Cathédrale catholique (construite en 1889, siège de l’archevêché de Bosnie), le Musée national (fondé en 1888), l’abbaye franciscaine et l’Église de Saint Antoine de padovi (les édifices datent respectivement de 1894 et de 1914), le château de Jajce (le château d’Eugène de Savoie) et la forteresse Bijela Tabija.
Guide pratique Où loger ?
Où se restaurer ?
Shopping
LUKOMIR Un ancien village médiéval, en pierre et en bois, situé à 1 469 m d’altitude au pied du mont Lovnica (1 856 m). C’est le plus haut de Bosnie-Herzégovine dominant le canyon de Rakitnica (long d’environ 24 km).
MOSTAR La ville, datant du XVème siècle, s’est bâtie autour de la Neretva, la rivière qui traverse la vieille ville de Mostar. Elle est mentionnée pour la première fois en 1474. Pendant la période ottomane, Mostar était la principale partenaire économique de Dubrovnik. Le vieux pont, ou Stari Most, est l’emblème de la ville. Construit entre 1557 et 1566 par Mimar Hajrudin avec une seule arche (ouverture de 27 m, 4 m de largeur, 30 m de longueur, 20 m de hauteur par rapport au niveau de la rivière) et flanqué de deux tours fortifiées, Halebija et Tara, il a été détruit en 1993. Sa reconstruction, à l’identique, s’est terminée en 2004 et il est désormais classé sur la liste du Patrimoine mondiale de l’UNESCO.
Guide pratique Où loger à Mostar ?
MEDJUGORJE Plus de 15 000 pèlerins se sont réunis en juin 2006 à Medjugorje, dans le sud du pays, pour commémorer le 25ème anniversaire de l'« apparition de la Vierge », un « miracle » encore non reconnu par le Vatican. Des fidèles du monde entier ont participé à des messes célébrées en douze langues à l'Église Saint Philippe et Jacob, située près d'une colline rocheuse où, il y a 25 ans, la Vierge se serait montrée à des enfants. De nombreux catholiques ont parcouru à pied le chemin reliant leurs villages à Medjugorje dans une traditionnelle « marche pour la paix » parrainée par les moines franciscains de la région. Pour les croyants, c'est le 24 juin 1981 que la Vierge est apparue pour la première fois à six enfants, sur une colline qui surplombe ce village, à 117 km au sud-ouest de Sarajevo, dans une région où la minorité croate catholique de Bosnie est majoritaire. Certains des enfants ayant eu cette vision assurent que la Vierge leur est apparue quotidiennement depuis. Ce petit village est devenu un site important de pèlerinage et les fidèles chrétiens du monde entier se déplacent chaque année pour fêter cet événement. NEUM La station balnéaire de la Bosnie-Herzégovine sur l’Adriatique.
STOLAC La ville, située au bord de la rivière Bregava, représente un patrimoine culturel et ancien important. Les ruines de la forteresse Vidoska du XIVème siècle dominent Stolac. > Ne pas manquer de se rendre à Osanici, à 2 km de Stolac, renfermant les vestiges d’une agglomération illyrienne de la tribu des Daorses, datant de 300 à 118 av.J.-C. TREBINJE Trebinje est l’une des villes les plus anciennes de Bosnie-Herzégovine. Visiter les fortifications qui ceinturent la plus vieille partie de la ville datant du début du XIIIème siècle. > Dans les environs, ne pas manquer le monastère Tvrdos fondé au XVème siècle ainsi que l’île de Micavac située sur le lac artificiel de Bilecko. Elle est partiellement entourée de remparts du XIVème siècle.
VISEGRAD La ville a été rendue célèbre grâce au roman d’Ivo Andric Le pont sur la Drina. Le pont ottoman de Visegrad est en attente de classement sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ne pas manquer le monastère Dobrun, construit en 1343, l’un des plus anciens du pays. BANJA LUKA
Banja Luka est la capitale de la République serbe et la deuxième ville de Bosnie-Herzégovine. Ne pas manquer, en plein centre-ville, le château médiéval, une forteresse construite au XVème siècle sous le règne de Ferhad-Pasha Sokolovic. La ville est mentionnée pour la première fois en 1494 dans la charte du roi de Hongrie Vladislav II Jagelovic. La Mosquée Ferhadia, bâtie en 1580, a été détruite durant le dernier conflit et est actuellement en cours de reconstruction. Visiter également le monastère trappiste construit en 1869 et son église.
Guide pratique . Où loger ?
. Contact JAJCE L’un des derniers rois de Bosnie, Stjepan Tomasevic, y a été couronné dans ce qui est maintenant la tour Saint Luc. Visiter la forteresse construite entre 1391 et 1404. Ne pas manquer les chutes d’eau de la Pliva en plein centre-ville. > Dans les alentours, passer par le lac de Plivska, bordé de petits moulins à eau en bois.
Guide pratique . Où loger ?
TRAVNIK La première carte où figure un village à l’emplacement de Travnik, ville du trône du royaume de Bosnie, date de 1244. Sa position géographique et politique fait que Napoléon, en 1807, envoie un consul de France à Travnik, Pierre David, première ambassade de France en Bosnie. Ne pas manquer de visiter la forteresse construite à la fin du XIVème et au début XVème siècle, conquise par le sultan Mehmet II le 3 juin 1463, la Mosquée Sulejmanija, construite en 1757, et la maison d’Ivo Andric, l’écrivain prix Nobel, qui y est né en 1892. Travnik était surnommée la cité des vizirs (au nombre de 77). Dans cette forteresse, le poète derviche Ilhamija est le prisonnier le plus célèbre à y avoir été exécuté. Guide pratique . Où se restaurer ?
TUZLA La vie culturelle à Tuzla a commencé au XVIème siècle avec son premier écrivain et chroniqueur Ahmed Celebija, suivi par Muhamed Hevaji Uskuji. Quelques-uns des artistes les plus célèbres de la ville : Zivko Crnogorcevic, qui a écrit ses mémoires sous forme d’une chronique des événements arrivés dans la ville, les peintres Dorde Mihajlovic, Adela Ber-Vukic, ainsi que James Haima Pinto et Kristijan Krekovic, tous les deux internationalement reconnus, et le sculpteur Franjo Leder. Rappelons que le premier théâtre de Bosnie-Herzégovine s’est établi à Tuzla. Les premières traces écrites de l’histoire de Tuzla, la ville de sel, remontent à 950. Ne pas manquer de visiter Medjunarodna Galerija Portreta où sont exposées en permanence les peintures d’Ismet Mujezinovic, le plus célèbre peintre de la ville.
SOKOLAC Un village fortifié dont les premiers documents écrits relatant son existence remontent à 1395. VISOKO Son nom a été mentionné pour la première fois en 1355. Ces derniers temps, Visoko fait la une de plusieurs journaux. En effet, un archéologue bosnien, Semir Osmanagic, prétend que sous la colline de Visocica se cacherait une pyramide primitive fabriquée à l’aide de blocs de pierre et de couches de sable. Trois autres pyramides seraient également à découvrir. L’ensemble correspondrait aux quatre points cardinaux. (Pour en savoir plus sur les pyramides de Visoko, consulter les sites Internet www.alternativnahistorija.com et www.piramidasunca.ba) OSTROZAC Le château et ses remparts ont une histoire remontant à 1202.
KRALJEVA SUTJESKA Ne pas manquer la citadelle de Bobovac, où a vécu la dernière reine de Bosnie, Katarina, et le monastère franciscain Kraljeva Sutjeska. Ce dernier a été mentionné en 1385 par le chroniqueur italien Barthélemy de Pise dans sa liste de recensements de monastères. Sur place, ne pas manquer la visite de l’Église Saint Jean-Baptiste et les ruines du palais royal dont l’église et la chapelle étaient consacrées à saint Grégoire comme cela est mentionné dans la charte du roi Tvrtko I de 1378. La forteresse de Bobovac aurait de son côté joué un rôle très important dans l’établissement de l’État de Bosnie entre 1350 et 1463. Contact Le meilleur guide de la ville et des alentours est Josip Brdanovic (E-mail : ivanb91@bih.net.ba - Internet : www.turist-katarina-vze.com).
La Bosnie-Herzégovine médiévale La première mention écrite de la Bosnie apparaît durant la période de l’empereur byzantin Constantin VII Porphyrogenitus, qui décrivait la « Bosona » comme étant un district de la Serbie de l’époque. Ce district était plus petit que la Bosnie-Herzégovine actuelle et était surtout concentré autour de la rivière Bosna. La christianisation des Slaves du Sud remonte environ au IXème siècle. Les royaumes de Serbie et Croatie prennent le contrôle de la Bosnie-Herzégovine aux IXème et Xème siècles, mais suite à des circonstances politiques laissent le territoire être disputé entre le royaume de Hongrie (surtout de 1180 à 1463) et l’Empire byzantin. À la fin du XIIème siècle, la Bosnie-Herzégovine devient indépendante sous le contrôle de bans locaux. Le premier monarque est le ban Kulin (1180-1204) qui est resté au pouvoir pendant près de 30 ans de paix et de stabilité durant lesquels il a signé des traités commerciaux avec Dubrovnik et Venise. C’est une époque d’économie prospère. Son règne a également vu le début d’une controversée église de Bosnie, une sorte de secte chrétienne considérée comme hérétique par les églises aussi bien romaine-catholique qu’orthodoxe. En réponse aux attaques hongroises voulant utiliser l’église à des fins politiques comme une issue réclamant une souveraineté sur la Bosnie, Kulin a tenu un conseil spécial avec des chefs d’églises locales, à Bolino Polje (près de Zenica aujourd’hui) afin qu’ils renoncent à l’hérésie en 1203. Les dirigeants des églises ont alors signé une déclaration instituant des réformes. En effet, cette même année, une légation papale a été envoyée en Bosnie pour enquêter sur les charges d’hérésie. En dépit de cela, les ambitions hongroises sur la Bosnie sont restées inchangées même bien après le décès de Kulin en 1204, tentant un bon nombre d’invasions jusqu’en 1254. Pendant presque toute la période médiévale, la Bosnie était presque un État fermé, isolé et protégé par son terrain impénétrable. L’histoire de la Bosnie jusqu’au début du XIVème siècle est marquée par la lutte de pouvoir entre les familles Subic et Kotromaric. Ce conflit se termine en 1322, quand Stjepan II Kotromaric (1322-1353) devient un ban. Jusqu’à sa mort en 1353, il a annexé des territoires au nord et à l’ouest ainsi que Zahumlje et une partie de la Dalmatie. En 1340, des franciscains sont arrivés en Bosnie. Le point de vue officiel de Rome étant que toutes les églises de Bosnie étaient tombées dans l’hérésie. AU XIVème siècle, les franciscains ont commencé de nombreuses conversions afin de maintenir le catholicisme en Bosnie. En 1459, cette campagne de conversion est soutenue par le roi de Bosnie, Stjepan Tomas. Son neveu, Tvrtko (1353-1391), lui a succédé, et il contrôlait tout le territoire en 1367. Sous son règne, la Bosnie gagne en taille et en pouvoir, pour finalement devenir un royaume indépendant en 1377. Il décède en 1391 et la Bosnie est tombée dans une longue période de déclin. L’Empire ottoman avait déjà commencé sa conquête de l’Europe et est devenu une menace majeure dans tous les Balkans pendant la première moitié du XVème siècle. Les dernières décennies de l’âge médiéval de l’État de Bosnie ont été troublées par la guerre civile, les interférences hongroises et le début de l’invasion turque. Les armées turques ont en effet commencé par la Serbie en 1380 et sont arrivées en Bosnie en 1388. Le roi Tvrtko I a même envoyé une armée pour combattre les Turcs aux côtés des Serbes (bataille de Kosovo Polje). Le successeur de Tvrtko, le roi Ostoja, a lutté pour s’emparer de la couronne contre le fils illégitime de Tvrtko, Tvrtko II, soutenu en premier par les Turcs, puis par les Hongrois, après le décès d’Ostoja. Le noble Stefan Vukcic s’était également engagé dans des alliances tactiques contre les dirigeants de Bosnie, établissant son propre pouvoir à Hum et se donnant lui-même le titre de duc (herzeg), d’où le nom d’Herzégovine est dérivé. Vukcic et son fils sont progressivement mis dehors de leur domaine. Finalement, après plusieurs années d’instabilité politique et sociale, la Bosnie tombe en 1463. L’Herzégovine suit en 1482, date à laquelle la dernière forteresse tombe aux mains des Turcs. La partie du royaume de Bosnie au nord du pays prise par les Hongrois est la dernière à tomber.
|