KUPRES © Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine

 

LA BOSNIE-HERZÉGOVINE : UN POTENTIEL TOURISTIQUE INDÉNIABLE

 

Rencontre avec Semsudin Dzeko, président de l’Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine.

Faits & Projets : Quel est le rôle de votre Association ?
Semsudin Dzeko : La priorité est de changer l’image de la Bosnie-Herzégovine à l’étranger. Créer la meilleure ambiance possible pour les touristes, les aider à se sentir bien en Bosnie-Herzégovine. Promouvoir le tourisme, initier les lois dans ce domaine, faire du pays une nouvelle destination touristique et former le personnel du secteur.

Qu’avez-vous à offrir en Bosnie-Herzégovine ?
Notre position géographique et géostratégique est excellente, notre nature est exceptionnelle, nous sommes au point de rencontre entre l’ouest et l’est, et notre héritage culturel est indéniable.

Quels touristes souhaitez-vous attirer ?
Notre destination n’est pas appropriée pour le tourisme de masse, mais davantage pour les individuels. Nous n’avons pas à convaincre nos voisins de la beauté naturelle de notre pays, ils le savent déjà car nous appartenons tous à l’ex-Yougoslavie. Notre cible est davantage européenne. L’image de la Bosnie-Herzégovine à l’étranger en est restée à celle de la guerre. Avant le conflit, la majorité des voyageurs venaient d’Allemagne, d’Autriche, de Pologne, de Slovaquie et de la République Tchèque. Maintenant, un certain nombre de Français arrivent. En fait, ils vont en Croatie, sur la côte dalmate, et cela a un impact pour nous. Nous constatons également un intérêt des Russes de plus en plus poussé. Nous avons eu jusqu’à maintenant de nombreux problèmes à régler en interne. Le tourisme n’était pas une priorité pour notre gouvernement, mais cela évolue dans le bon sens. Les villes les plus visitées sont actuellement Mostar, Sarajevo et Medjugorje. 

Un message ?
En Bosnie-Herzégovine, tous les genres touristiques sont possibles. Dans un si petit pays, le tourisme historique, religieux, sportif et thermal, hivernal et estival, est à votre disposition. Nous avons reçu les Jeux olympiques d’hiver en 1984. 51 % du territoire sont couverts de forêts et de rivières. La nature est intacte. Étant donné notre taille, les villes peuvent être reliées facilement les unes aux autres dans un délai relativement court.  


MOSTAR © Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine

À la découverte de la Bosnie-Herzégovine

La Bosnie-Herzégovine, méconnue et à découvrir, est une destination chaleureuse, hospitalière et amicale, et offre un tourisme varié et divers, correspondant à tous les goûts : l’écotourisme, le tourisme religieux, de montagne, historique et culturel, sportif et d’aventure, le tourisme de mer et le thermalisme. Les amateurs de vins - une tradition depuis la monarchie austro-hongroise - en se rendant en Herzégovine pourront rencontrer la trentaine de producteurs de rouge et de blanc présents et déguster les produits du crus. Rappelons que la Bosnie-Herzégovine est le point de croisement des civilisations orientales et occidentales - Sarajevo, surnommée la « petite Jérusalem », étant la seule ville européenne à avoir dans le même périmètre une synagogue, une église catholique, une église orthodoxe et une mosquée. Grâce à son héritage culturel, elle offre une société diversifiée. 

Guide pratique

. Formalités : un passeport en cours de validité. Aucun visa n’est nécessaire pour un séjour inférieur à trois mois

. Pas de décalage horaire entre la France et la Bosnie-Herzégovine

. Pour se rendre en Bosnie-Herzégovine, aucun vol direct n’existe depuis Paris. Possibilité de passer par Zagreb avec la Croatia Airlines (T : 01 42 65 30 01) ou par Vienne avec Austrian Airlines (T : 0820 816 816)

. Pour téléphoner en Bosnie-Herzégovine de France, composez le 00 387 pour le code pays, puis le 33 pour Sarajevo, le 36 pour Mostar, le 51 pour Banja Luka, le 35 pour Tuzla, le 32 pour Zenica et le 30 pour Travnik, suivis du numéro de votre correspondant

 


SARAJEVO © Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine

SARAJEVO

Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine située à quelque 1 800 kilomètres de Paris, est une ville byzantine et ottomane, italienne et autrichienne, où les différentes influences culturelles se ressentent selon les quartiers. Deux mondes prédominants s’y croisent et s’y rencontrent : l’oriental turc et l’austro-hongrois. Les églises catholiques et orthodoxes côtoient les mosquées et une synagogue. Elle a également reçu les Jeux olympiques d’hiver en 1984. L’histoire de Sarajevo, ville où l’on se sent rapidement chez soi, est longue et riche. Porte entre la Grèce et l’Asie mineure et l’Europe dans les temps anciens, elle est également la connection entre l’Europe du Nord et le bassin méditerranéen. Les premiers habitants auraient été les Illyriens, suivis par les cultures prédominantes de l’est et de l’ouest : hellénisme au temps de la préhistoire, mithraïsme, cultures byzantine et ottomane vers le milieu du XVème siècle, puis romaine et vénitienne, et austro-hongroise. Rappelons que Sarajevo a connu entre 1992 et 1995 un siège de quelque 1 400 jours.


ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS - SARAJEVO © Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine

Ne pas manquer de visiter le Musée de la ville de Sarajevo, la Bibliothèque nationale (construite en 1892 par les Autrichiens, incendiée en 1992 et actuellement en reconstruction), la mosquée Havadze Duraka (style ottoman), la place de Sebij (place aux pigeons avec une fontaine centrale construite en 1753 par les Ottomans), l’Église orthodoxe des archanges Gabriel et Michael, la Grande Mosquée Gazi Husrev-Begova (la plus importante du pays construite en 1530), la Sahat Kula (tour de l’horloge),  le pont Kozija Cuprija (le plus vieux de la ville construit au début du XVIème siècle), la Synagogue Ashkenazi (la seule en activité), la Cathédrale catholique (construite en 1889, siège de l’archevêché de Bosnie), le Musée national (fondé en 1888), l’abbaye franciscaine et l’Église de Saint Antoine de padovi (les édifices datent respectivement de 1894 et de 1914), le château de Jajce (le château d’Eugène de Savoie) et la forteresse Bijela Tabija


JAJCE © Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine

Guide pratique

Où loger ?

. À l’Astra (T : 00 387 33 252 100/200 – F : 209 939 – E-mail : h.astra@bih.net.ba - Internet : www.hotel-astra.com.ba)
. À l’hôtel Bosnia (T : 471 251 – F : 444 572 – E-mail : bosniahotel@bosniahotels.com - Internet : www.bosniahotels.com)
. À la Villa Orient (T : 232 754 - F : 441 044 - E-mail : orient@bih.net.ba)

Où se restaurer ?

. À la Vinoteka (T : 214 996)
. Au Park Princeva, pour une vue imprenable sur la capitale (T : 222 708)
. À la Tavola, cuisine italienne (T : 222 207)
. Chez Pod Lipom, pour une délicieuse cuisine locale (T : 440 700)
. Chez Avlija (T : 444 483)

Shopping

. Gazi Husrev Begov Bezistan, une galerie marchande construite au XVème siècle
. Quartier de Bascarsija, pour l’artisanat bosniaque


© Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine



LUKOMIR

Un ancien village médiéval, en pierre et en bois, situé à 1 469 m d’altitude au pied du mont Lovnica (1 856 m). C’est le plus haut de Bosnie-Herzégovine dominant le canyon de Rakitnica (long d’environ 24 km).


© Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine


MOSTAR

La ville, datant du XVème siècle, s’est bâtie autour de la Neretva, la rivière qui traverse la vieille ville de Mostar. Elle est mentionnée pour la première fois en 1474. Pendant la période ottomane, Mostar était la principale partenaire économique de Dubrovnik. Le vieux pont, ou Stari Most, est l’emblème de la ville. Construit entre 1557 et 1566 par Mimar Hajrudin avec une seule arche (ouverture de 27 m, 4 m de largeur, 30 m de longueur, 20 m de hauteur par rapport au niveau de la rivière) et flanqué de deux tours fortifiées, Halebija et Tara, il a été détruit en 1993. Sa reconstruction, à l’identique, s’est terminée en 2004 et il est désormais classé sur la liste du Patrimoine mondiale de l’UNESCO. 


LE VIEUX PONT À MOSTAR © Delphine Evmoon

Guide pratique

Où loger à Mostar ?

. À l’hôtel Ero (T : 00 387 36 386 777 – F : 386 700 – E-mail : hotel.ero@tel.net.ba - Internet : www.ero.ba)


© Delphine Evmoon



MEDJUGORJE

Plus de 15 000 pèlerins se sont réunis en juin 2006 à Medjugorje, dans le sud du pays, pour commémorer le 25ème anniversaire de l'« apparition de la Vierge », un « miracle » encore non reconnu par le Vatican. Des fidèles du monde entier ont participé à des messes célébrées en douze langues à l'Église Saint Philippe et Jacob, située près d'une colline rocheuse où, il y a 25 ans, la Vierge se serait montrée à des enfants. De nombreux catholiques ont parcouru à pied le chemin reliant leurs villages à Medjugorje dans une traditionnelle « marche pour la paix » parrainée par les moines franciscains de la région. Pour les croyants, c'est le 24 juin 1981 que la Vierge est apparue pour la première fois à six enfants, sur une colline qui surplombe ce village, à 117 km au sud-ouest de Sarajevo, dans une région où la minorité croate catholique de Bosnie est majoritaire. Certains des enfants ayant eu cette vision assurent que la Vierge leur est apparue quotidiennement depuis. Ce petit village est devenu un site important de pèlerinage et les fidèles chrétiens du monde entier se déplacent chaque année pour fêter cet événement.


NEUM

La station balnéaire de la Bosnie-Herzégovine sur l’Adriatique.


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STOLAC

La ville, située au bord de la rivière Bregava, représente un patrimoine culturel et ancien important. Les ruines de la forteresse Vidoska du XIVème siècle dominent Stolac.

> Ne pas manquer de se rendre à Osanici, à 2 km de Stolac, renfermant les vestiges d’une agglomération illyrienne de la tribu des Daorses, datant de 300 à 118 av.J.-C.


TREBINJE

Trebinje est l’une des villes les plus anciennes de Bosnie-Herzégovine. Visiter les fortifications qui ceinturent la plus vieille partie de la ville datant du début du XIIIème siècle.

> Dans les environs, ne pas manquer le monastère Tvrdos fondé au XVème siècle ainsi que l’île de Micavac située sur le lac artificiel de Bilecko. Elle est partiellement entourée de remparts du XIVème siècle.


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VISEGRAD

La ville a été rendue célèbre grâce au roman d’Ivo Andric Le pont sur la Drina. Le pont ottoman de Visegrad est en attente de classement sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ne pas manquer le monastère Dobrun, construit en 1343, l’un des plus anciens du pays.


BANJA LUKA


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Banja Luka est la capitale de la République serbe et la deuxième ville de Bosnie-Herzégovine. Ne pas manquer, en plein centre-ville, le château médiéval, une forteresse construite au XVème siècle sous le règne de Ferhad-Pasha Sokolovic. La ville est mentionnée pour la première fois en 1494 dans la charte du roi de Hongrie Vladislav II Jagelovic. La Mosquée Ferhadia, bâtie en 1580, a été détruite durant le dernier conflit et est actuellement en cours de reconstruction. Visiter également le monastère trappiste construit en 1869 et son église.

Les moines trappistes

Les moines trappistes appartiennent à la famille monastique qui suit le Christ selon la Règle de saint Benoît (document écrit au VIème siècle au mont Cassin en Italie). Le surnom de trappiste provient d’un mouvement de réforme commencé au XVIIème siècle à partie du monastère français La Trappe en Normandie.  


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> Dans les environs, visiter le monastère orthodoxe de Gomionica, construit en 1590 et renfermant des fresques des XVIème et XVIIème siècles, les sources thermales de Srpske Toplice, le monastère Sveti Llija datant de la fin du XIIème siècle, le centre écologique Ljekarice. Faire du rafting sur la rivière Vrbas.

 

Guide pratique

. Où loger ?

Au Firenza (T/F : 00 387 51 311 290/311 296 – E-mail : firmament@blic.net)

. Contact

Office de tourisme – E-mail : tobl@teol.net


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JAJCE

L’un des derniers rois de Bosnie, Stjepan Tomasevic, y a été couronné dans ce qui est maintenant la tour Saint Luc. Visiter la forteresse construite entre 1391 et 1404. Ne pas manquer les chutes d’eau de la Pliva en plein centre-ville.

> Dans les alentours, passer par le lac de Plivska, bordé de petits moulins à eau en bois.


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Guide pratique

. Où loger ?

À l’hôtel Stari Grad (T : 00 387 30 654 006 – F : 654 008 – E-mail : starisation@jajcetours.com - Internet : www.jajcetours.com)

 


TRAVNIK

La première carte où figure un village à l’emplacement de Travnik, ville du trône du royaume de Bosnie, date de 1244. Sa position géographique et politique fait que Napoléon, en 1807, envoie un consul de France à Travnik, Pierre David, première ambassade de France en Bosnie. Ne pas manquer de visiter la forteresse construite à la fin du XIVème et au début XVème siècle, conquise par le sultan Mehmet II le 3 juin 1463, la Mosquée Sulejmanija, construite en 1757, et la maison d’Ivo Andric, l’écrivain prix Nobel, qui y est né en 1892. Travnik était surnommée la cité des vizirs (au nombre de 77). Dans cette forteresse, le poète derviche Ilhamija est le prisonnier le plus célèbre à y avoir été exécuté.

Guide pratique

. Où se restaurer ?

Chez Konoba. Cuisine locale et cadre chaleureux (T : 00 387 30 512 171)


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TUZLA

La vie culturelle à Tuzla a commencé au XVIème siècle avec son premier écrivain et chroniqueur Ahmed Celebija, suivi par Muhamed Hevaji Uskuji. Quelques-uns des artistes les plus célèbres de la ville : Zivko Crnogorcevic, qui a écrit ses mémoires sous forme d’une chronique des événements arrivés dans la ville, les peintres Dorde Mihajlovic, Adela Ber-Vukic, ainsi que James Haima Pinto et Kristijan Krekovic, tous les deux internationalement reconnus, et le sculpteur Franjo Leder. Rappelons que le premier théâtre de Bosnie-Herzégovine s’est établi à Tuzla. Les premières traces écrites de l’histoire de Tuzla, la ville de sel, remontent à 950.  

Ne pas manquer de visiter Medjunarodna Galerija Portreta où sont exposées en permanence les peintures d’Ismet Mujezinovic, le plus célèbre peintre de la ville.

Tuzla, une ville multiculturelle

Tuzla, ville jumelée avec Saint-Denis en France, est habitée depuis plus de 7000 ans. Son passé géologique est incontournable grâce au sel, qui remonte à la période néolithique. Il est devenu une tradition industrielle et à Tuzla se trouve le seul lac salé d’Europe. Selon Jasmin Imamovic, le maire, « Tuzla est une ville d’amour et de tolérance, son secret de longévité ». Tuzla serait représentée, selon lui, par trois T : tolérance, talent et technologie. « Tuzla renouvelle son énergie en permanence. C’est une ville multiculturelle », ajoute-t-il. Ville où la culture tient une place importante, on y découvre une statue de Mozart, un symbole mondial, et une autre de Martin Luther King, qui a dit que « seule la lumière sauvera de la nuit et que seul l’amour sauvera de la haine ». Citation chère au cœur de Jasmin Imamovic. « Nous prévoyons de construire un mur de l’amour, mais pas un mur qui sépare ! Les plus beaux poèmes du monde entier seront repris, ainsi que les noms de gens de paix, et un espace blanc sera laissé pour ceux qui souhaitent s’exprimer. Pour réussir, les deux ingrédients indispensables sont l’intelligence et le cœur », précise-t-il.       


SOKOLAC

Un village fortifié dont les premiers documents écrits relatant son existence remontent à 1395.


VISOKO

Son nom a été mentionné pour la première fois en 1355. Ces derniers temps, Visoko fait la une de plusieurs journaux. En effet, un archéologue bosnien, Semir Osmanagic, prétend que sous la colline de Visocica se cacherait une pyramide primitive fabriquée à l’aide de blocs de pierre et de couches de sable. Trois autres pyramides seraient également à découvrir. L’ensemble correspondrait aux quatre points cardinaux. 

(Pour en savoir plus sur les pyramides de Visoko, consulter les sites Internet www.alternativnahistorija.com et www.piramidasunca.ba)



OSTROZAC

Le château et ses remparts ont une histoire remontant à 1202.



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KRALJEVA SUTJESKA

Ne pas manquer la citadelle de Bobovac, où a vécu la dernière reine de Bosnie, Katarina, et le monastère franciscain Kraljeva Sutjeska. Ce dernier a été mentionné en 1385 par le chroniqueur italien Barthélemy de Pise dans sa liste de recensements de monastères. Sur place, ne pas manquer la visite de l’Église Saint Jean-Baptiste et les ruines du palais royal dont l’église et la chapelle étaient consacrées à saint Grégoire comme cela est mentionné dans la charte du roi Tvrtko I de 1378. La forteresse de Bobovac aurait de son côté joué un rôle très important dans l’établissement de l’État de Bosnie entre 1350 et 1463.

Contact

Le meilleur guide de la ville et des alentours est Josip Brdanovic (E-mail : ivanb91@bih.net.ba - Internet : www.turist-katarina-vze.com).


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Katarina, la dernière reine de Bosnie

La reine Katarina Kosaca fut la dernière reine de Bosnie avant l'invasion turque. Elle était la femme du roi Stjepan Tomas et mère du roi Stjepan Tomasevic. Katarina Kosaca Kotromanic est née à Mostar le 20 janvier 1448, fille de Stejpan et Jelena Kosaca. Son père était le seigneur de la terre de Hum sous l'Empire romain germanique du roi Frédéric III. Séduit par la langue germanique, il prit le titre de « Herzog » (commandant) de Hum. Dans sa correspondance diplomatique, il utilisait le terme « herzeg », terme à l'origine du nom de son territoire : l'Herzégovine. Stejpan se battait pour conserver la stabilité du pays afin de pouvoir résister aux turcs, et pour cela, il se rapprocha des rois croates de Bosnie, les Kotromanic. Cette amitié aboutit au mariage de sa fille Katarina et de celui qui fut le dernier roi de Bosnie, Stjepan Tomas Kotromanic. Stejpan devint ainsi le roi de la Bosnie et de l'Herzégovine. Ils eurent deux enfants, Simun et Katarina, et décidèrent de lutter pour défendre leur pays et la foi chrétienne, que Katarina avait adopté peu avant son mariage. Les Turcs commencèrent leur invasion par l'est, envahissant leur capitale Sutjeska, malgré la résistance des forces bosniaques : le roi périt durant la bataille. Les enfants Simun et Katarina furent capturés par les Turcs. La reine réussit à s'enfuir et se réfugia à Kupres pour réorganiser la défense du pays. Elle construit un certain nombre d'églises afin que dieu lui vienne en aide contre les infidèles. Kupres fut prise et elle se réfugia à Ston, puis à Dubrovnik. Elle y enterra l'épée de son mari, sous la condition qu'elle soit rendue à son fils après sa libération pour qu'il puisse se battre contre les turcs. Dubrovnik, menacée par les Turcs, réussit à conserver son indépendance grâce à des appuis diplomatiques et une forte somme d'argent. Katarina dut fuir Dubrovnik et se réfugia à Rome, d'où elle tenta jusqu'à la fin de ces jours et sans succès de libérer son pays et ses enfants. Ces derniers furent éduqués selon la doctrine du Coran et moururent dans l’empire ottoman sans revoir leur mère. Katarina mourut le 25 octobre 1478 et fut enterrée dans l’église franciscaine de Santa Maria sur la colline Ara Coelli à Rome. Dans son testament, elle légua la Bosnie et l'Herzégovine en premier lieu à son fils s'il revenait dans la foi catholique, et en second lieu au Vatican dans le cas contraire. Sa mémoire est toujours célébrée en octobre de chaque année dans le village de Kraljeva Sutjeska.


Contact

Greenvisions est une agence de voyage basée à Sarajevo et spécialisée dans la promotion de la culture et de l’héritage culturel de la Bosnie-Herzégovine ainsi que l’écotourisme et le sport.

(T/F : (033) 207 169 – E-mail : sarajevo@greenvisions.ba - Internet : www.greenvisions.ba)

 


LA FORTERESSE DE BOBOVAC © Delphine Evmoon

La Bosnie-Herzégovine médiévale

La première mention écrite de la Bosnie apparaît durant la période de l’empereur byzantin Constantin VII Porphyrogenitus, qui décrivait la « Bosona » comme étant un district de la Serbie de l’époque. Ce district était plus petit que la Bosnie-Herzégovine actuelle et était surtout concentré autour de la rivière Bosna.

La christianisation des Slaves du Sud remonte environ au IXème siècle. Les royaumes de Serbie et Croatie prennent le contrôle de la Bosnie-Herzégovine aux IXème et Xème siècles, mais suite à des circonstances politiques laissent le territoire être disputé entre le royaume de Hongrie (surtout de 1180 à 1463) et l’Empire byzantin. À la fin du XIIème siècle, la Bosnie-Herzégovine devient indépendante sous le contrôle de bans locaux. Le premier monarque est le ban Kulin (1180-1204) qui est resté au pouvoir pendant près de 30 ans de paix et de stabilité durant lesquels il a signé des traités commerciaux avec Dubrovnik et Venise. C’est une époque d’économie prospère. Son règne a également vu le début d’une controversée église de Bosnie, une sorte de secte chrétienne considérée comme hérétique par les églises aussi bien romaine-catholique qu’orthodoxe. En réponse aux attaques hongroises voulant utiliser l’église à des fins politiques comme une issue réclamant une souveraineté sur la Bosnie, Kulin a tenu un conseil spécial avec des chefs d’églises locales, à Bolino Polje (près de Zenica aujourd’hui) afin qu’ils renoncent à l’hérésie en 1203. Les dirigeants des églises ont alors signé une déclaration instituant des réformes. En effet, cette même année, une légation papale a été envoyée en Bosnie pour enquêter sur les charges d’hérésie. En dépit de cela, les ambitions hongroises sur la Bosnie sont restées inchangées même bien après le décès de Kulin en 1204, tentant un bon nombre d’invasions jusqu’en 1254. Pendant presque toute la période médiévale, la Bosnie était presque un État fermé, isolé et protégé par son terrain impénétrable. L’histoire de la Bosnie jusqu’au début du XIVème siècle est marquée par la lutte de pouvoir entre les familles Subic et Kotromaric. Ce conflit se termine en 1322, quand Stjepan II Kotromaric (1322-1353) devient un ban. Jusqu’à sa mort en 1353, il a annexé des territoires au nord et à l’ouest ainsi que Zahumlje et une partie de la Dalmatie. En 1340, des franciscains sont arrivés en Bosnie. Le point de vue officiel de Rome étant que toutes les églises de Bosnie étaient tombées dans l’hérésie. AU XIVème siècle, les franciscains ont commencé de nombreuses conversions afin de maintenir le catholicisme en Bosnie. En 1459, cette campagne de conversion est soutenue par le roi de Bosnie, Stjepan Tomas. Son neveu, Tvrtko (1353-1391), lui a succédé, et il contrôlait tout le territoire en 1367. Sous son règne, la Bosnie gagne en taille et en pouvoir, pour finalement devenir un royaume indépendant en 1377. Il décède en 1391 et la Bosnie est tombée dans une longue période de déclin. L’Empire ottoman avait déjà commencé sa conquête de l’Europe et est devenu une menace majeure dans tous les Balkans pendant la première moitié du XVème siècle. Les dernières décennies de l’âge médiéval de l’État de Bosnie ont été troublées par la guerre civile, les interférences hongroises et le début de l’invasion turque. Les armées turques ont en effet commencé par la Serbie en 1380 et sont arrivées en Bosnie en 1388. Le roi Tvrtko I a même envoyé une armée pour combattre les Turcs aux côtés des Serbes (bataille de Kosovo Polje). Le successeur de Tvrtko, le roi Ostoja, a lutté pour s’emparer de la couronne contre le fils illégitime de Tvrtko, Tvrtko II, soutenu en premier par les Turcs, puis par les Hongrois, après le décès d’Ostoja. Le noble Stefan Vukcic s’était également engagé dans des alliances tactiques contre les dirigeants de Bosnie, établissant son propre pouvoir à Hum et se donnant lui-même le titre de duc (herzeg), d’où le nom d’Herzégovine est dérivé. Vukcic et son fils sont progressivement mis dehors de leur domaine. Finalement, après plusieurs années d’instabilité politique et sociale, la Bosnie tombe en 1463. L’Herzégovine suit en 1482, date à laquelle la dernière forteresse tombe aux mains des Turcs. La partie du royaume de Bosnie au nord du pays prise par les Hongrois est la dernière à tomber.


CHÂTEAU DE SREBRENIK © Association du tourisme de Bosnie-Herzégovine


© Delphine Evmoon