Olivier Föllmi : « Je suis né voyageur »

Photographe talentueux et reconnu, Olivier Föllmi aime l’aventure, les relations humaines, la montagne et la découverte du monde. Lauréat d’une bourse de voyageur, il découvre l’Afghanistan pour la première fois en 1975. Depuis, sa quête de l’autre, et de lui-même, n’a jamais cessé. Entretien réalisé par Delphine Evmoon.


© Photo : Olivier Föllmi

D’où vous vient cette passion du voyage ?
j'ai toujour voyagé en famille, en Europe. Adolescent, j'ai parcouru l'Europe à toutes les saisons pendant les vacances et je crois que je suis né voyageur.

Pourquoi choisir cette vie d’aventure ?
J'aimais la montagne et c'est elle qui m'a amené vers l'Asie pour grimper, mais ce sont les hommes de là-bas qui m'ont fasciné et m'ont fait revenir à une vie d'aventure.

Avez-vous commencé votre périple par l’Asie ? Si oui, pourquoi ?
J'ai découvert l'Afghanistan à 17 ans et j'ai aimé ses paysagesdésertiques et son peuple prude. Je me suis ensuite tourné vers les régions tibétaines de l'Himalaya qui m'ont séduit aussi par leurs paysages et par leur peuple. C'est ensuite que j'ai appris à aimer leur culture.

Pourquoi avoir choisi la photographie comme outil pour faire partager au grand public vos expériences à travers vos livres ?
Je n'ai pas choisi d'être photographe : je le suis devenu et à 17 ans j'aurais aimé savoir que je pourrais vivre de la photographie et être auteur de livres. J'aime la photographie comme moyen d'échange sur le terrain, sur place avec les gens que je rencontre et au retour à travers le livre et le public qui rêve de voyages.


© Photo : Olivier Föllmi

Vos projets ?
Mon projet photographique sur les années à venir va me faire parcourir le monde entier à la rencontre des hommes. Je travaille en ce moment sur l'Inde pour la réalisation du prochain livre qui sortira à l'automne 2004.

Quels aventuriers admirez-vous le plus ?
De tout temps j'ai admiré les aventuriers courageux et passionnés tels que Marco Polo, les découvreurs des pôles au début du siècle, comme Mermoz, St-Exupéry, et plus contemporains, Jean-Loup Etienne, Haroun Tazieff et Jacques-Yves Coustaud.


© Photo : Olivier Föllmi

Votre devise dans la vie ?
Fais ce que tu aimes et aime ce que tu fais.

Vos passions ?
J'aime vivre intensément et je rêve d'harmonie.

Que vous apportent humainement de telles aventures ?
Une grande part de rêve qui fait partie de ma réalité ; une foi en leshommes et un caractère optimiste.

Que retenez-vous de toutes ces rencontres ?
On ne grandit jamais tout seul mais grâce aux autres.


© Photo : Olivier Föllmi

 


Olivier Föllmi en quelques dates

• 1975 : découverte de l’Afghanistan 1976 : il entreprend de vivre dans l’une des régions les plus isolées du monde, le Zanska
• 1980 : il fait une retraite hivernale au monastère de Phuktal à 4 000 m d’altitude, sur les traces d’Alexander Csoma de Körös, et obtient, la même année, le premier Prix de France de photographie
• 1982 : remporte le grand prix du Festival international du diaporama de Châtel
• 1983 : de ces voyages hors des sentiers battus, il publiera son premier récit « Deux hivers au Zanskar ». Il a alors 22 ans. Il gagne la même année le grand prix du Festival du film d’aventure de Royan pour son reportage en multivision « Zanskar d’hiver et d’aujourd’hui »
• 1984 : il se marie et part à la découverte de la Chine, du Tibet et du Zanskar, son pays d’adoption
• 1987 : remporte le prix Hommes sans frontières au Festival du de voyage de Royan pour son reportage en multivision « Tibet-Zanskar » 1988 : il part aux confins de la Chine, de l’URSS et de l’Afghanistan, et participe à l’expédition française Omnium-Accor au Mustagh Ata (7 546 m), dont il gravit le sommet à ski
• 1990 : il réalise la troisième ascension du sommet le plus élevé de Patagonie au Chili, le mont Saint-Valentin, situé à 4 000 m d’altitude
• 1991 : avec son épouse, il part vivre en Inde auprès de la communauté tibétaine en exil qui, en 1992, leur confiera en adoption deux enfants, Yvan Tséring (5 ans) et Léonore Pema (4 ans), qui vivent depuis avec eux en Haute-Savoie
• 1992 : il gravit le sommet du Kangla Gachu (6 000 m) eu Bouthan
• 1995 : ardent défenseur de la cause tibétaine et de son peuple, il publie un livre d’art et de révolte, « Hommage au Tibet », préfacé par le Dalaï-Lama
• 1998 : Olivier Föllmi figure parmi les 20 000 biographies du Who’s Who en Franc
• 1999 : son reportage « Les forçats de l’Himalaya » est nominé au Visa d’or magazine à l’occasion du onzième Festival internationale de photo-journalisme de Perpignan
• 2000 : il est sélectionné par le magazine National Geographic pour réaliser un travail photographique sur la région Rhône-Alpes
• 2001 : le couple reçoit la médaille d’honneur décernée par la Société d’encouragement au progrès au Palais du Luxembourg à Paris
• 2002 : reportage photographique pour Paris-Match sur le rassemblement de 400 000 pèlerins descendus de l’Himalaya et du monde tibétain afin de prier pour la paix du monde et suivre un enseignement du Dalaï-Lama. Dans la foulée, il part à la découverte du Grand-Nord canadien, crée les Éditions Föllmi et voyage au Pérou et en Bolivie pour gravir deux sommets vierges des Andes


© Photo : Olivier Föllmi

Bibliographie

Deux hivers au Zanskar, Olizane, 1983
Signes – Espaces, Olizane, 1985
Zanskar, Nathan, 1987
Mustagh Ata – Asie centrale, SDE-Olizane, 1988
Le fleuve gelé, Nathan, 1990 (réédité chez La Martinière en 1996)
Caravane pour une école, Nathan, 1990 (réédité chez La Martinière en 1993)
L’école au bout du fleuve, La Martinière, 1990
Chili, terre de sel – terre de gel, SDE-Olizane, 1991
Bhoutan - le temps d’un royaume, SDE-La Martinière, 1993
Hommage au Tibet, SDE-La Martinière, 1995
Les enfants de l’espoir, La Martinière, 1995
Si loin des hommes, si près des dieux, La Martinière, 1997
Les bergers de l’hiver, La Martinière, 1999
Himalaya bouddhiste, La Martinière, 2002
Offrandes, La Martinière, 2003

 

Sur internet

. www.follmi.com


© Photo : Olivier Föllmi