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La Serbie et le Monténégro sont irrémédiablement
sur le chemin de leur intégration dans la famille des États
européens modernes, dont la France est l’un des chefs de
file »
Rencontre avec
Svetozar Marovic, président de l’Union de Serbie-et-Monténégro,
élu
par le Parlement commun le 7 mars 2003.
Par
Delphine Evmoon.
Faits & Projets :
Quelles sont les priorités de la communauté d’États
?
Svetozar Marovic : La
priorité de la communauté d’États de Serbie-et-Monténégro
est de s’associer rapidement aux institutions européenne
et euro-atlantique. Cette priorité stratégique détermine
un système entier de réformes dans tous les domaines et
l’objectif de la Serbie-et-Monténégro est d’y
aboutir et de respecter ce processus.
Une nouvelle étape
s’est établie dans les relations entre la Serbie-et-Monténégro
et l’Union européenne, et les négociations pour
un Accord de stabilisation et d’association (ASA), un premier
pas vers le statut de membre, sont entamées. Que peuvent mutuellement
s’apporter la Serbie-et-Monténégro et l’Union
européenne ?
Vous avez raison. La Serbie-et-Monténégro
et l’Union européenne sont entrées dans une nouvelle
étape de leurs relations par l’ouverture des négociations
sur l’Accord de stabilité et d’association. C’est
une phase exceptionnellement importante pour la Serbie-et-Monténégro
dans le processus de son adhésion à l’Union européenne
qui a confirmé, d’une part, la volonté de l’Union
européenne d’admettre la Serbie-et-Monténégro
comme membre et, d’autre part, c’est une confirmation du
progrès de la Serbie-et-Monténégro dans l’acceptation
et la mise en œuvre des valeurs et des principes européens.
La Serbie et le Monténégro sont prêts à ces
négociations, et nous sommes persuadés qu’elles
se dérouleront avec facilité et qu’elles seront
terminées dans le délai le plus bref possible.
Il
n’y a aucun doute qu’une
pleine intégration aux institutions européennes est dans
l’intérêt aussi bien de la Serbie et du Monténégro
que de l’Union européenne. La Serbie et le Monténégro
occupent, selon de nombreux critères, une place centrale dans
la région des Balkans, particulièrement importante pour
l’Europe. Seule une pleine européisation de la région
à laquelle appartiennent la Serbie et le Monténégro
peut assurer la stabilité à long terme et le progrès
de la région tout entière. L’Union européenne
l’a également reconnu comme son propre intérêt,
ce que nous, en Serbie-et-Monténégro, apprécions
comme une option bien intentionnée et de partenariat. En même
temps, toutes les institutions, les forces politiques concernées,
les chefs politiques et une grande partie de l’opinion publique
de la Serbie-et-Monténégro sont conscients du fait que
la rapidité et le succès du processus européen
dépendent, dans la plus grande mesure, de nous-mêmes et
de notre volonté et de notre engagement visant à mettre
en place chez nous les valeurs de la société européenne
moderne. En bref, l’Union européenne doit compter parmi
ses membres aussi bien la Serbie que le Monténégro, comme
un « cœur » politique, économique et un espace
de sécurité dans les Balkans et l’Europe du Sud-Est,
et, de l’autre côté, par leur statut de membre de
l’Union européenne, la Serbie et le Monténégro
peuvent réaliser au mieux leurs intérêts et assurer
un progrès continu pour tous leurs citoyens.
Que peut-on dire sur
la consolidation de la région ? Où en sommes-nous maintenant
? Pouvons-nous toujours parler d’instabilité ou est-ce
derrière nous ?
On
peut dire avec certitude que la région des Balkans est sortie
de la période des conflits tragiques et s’est tournée
vers l’avenir européen, ce qui est un objectif commun.
La Serbie et le Monténégro sont en particulier fiers de
leur contribution au renforcement de la coopération régionale
dans les Balkans. Dans un nouvel esprit de confiance mutuelle et inspirés
par des objectifs européens, les pays issus de l’ex-Yougoslavie
ont fait que sur cet espace, depuis quelques années déjà,
les frontières sont ouvertes, nos économies sont liées
par des accords de libre-échange, la communication des chefs
politiques et des institutions s’effectue quotidiennement, les
questions ouvertes sont réglées par la concertation et
des compromis… Pratiquement, la question du Kosovo est la seule
qui reste ouverte au règlement démocratique et pacifique,
et par laquelle est intéressée toute la région.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a récemment
pris une décision sur l’ouverture des négociations
sur le futur statut du Kosovo. Ce n’est qu’avec la patience
et la volonté de toutes les parties, sans être partial
et conditionné, que la question du Kosovo sera réglée
de manière durable et démocratique dans l’intérêt
de tous ceux qui vivent au Kosovo et de la stabilité de la région
tout entière.
Si vous deviez présenter
la Serbie-et-Monténégro, que diriez-vous ?
La Serbie et le Monténégro
sont des États démocratiques, européens et prospères
avec une tradition longue et riche. Leur communauté d’États,
formée il y a presque trois ans en vue d’une adhésion
plus rapide aux institutions européennes, est fondée sur
le pragmatisme, la concertation et le compromis des États membres.
Comme l’Union européenne, la communauté d’États
de Serbie-et-Monténégro fonctionne elle aussi sur le principe
des intérêts communs et de leur réalisation en concertation.
À
part le fait que dans le processus d’adhésion européenne
mon pays a considérablement avancé, la Serbie et le Monténégro
se trouvent dans une phase très dynamique de développement
économique. Dans un rapport de la Banque mondiale récemment
rendu public, la Serbie-et-Monténégro
est classée comme l’une des premières au monde en
ce qui concerne la mise en œuvre de réformes économiques.
Le marché de la Serbie-et-Monténégro offre des
possibilités très attractives pour des investissements
étrangers, depuis une politique fiscale stimulante, une ambiance
légale et politique stable, jusqu’à des facilités
particulières dans l’infrastructure des transports, par
exemple. Nos peuples sont connus pour leur ouverture, leur hospitalité,
leur volonté d’apprendre vite et d’accepter les expériences
et les standards modernes.
Que
pouvez-vous dire de vos relations avec la France ?
À
travers l’histoire, surtout dans les périodes bouleversées,
la France et la Serbie-et-Monténégro ont eu des relations
proches et amicales. La France est aujourd’hui l’un des
plus importants partenaires de la Serbie-et-Monténégro,
étant donné son importance au sein de l’Union européenne
et sa place sur la scène internationale en général.
La France est l’un des alliés les plus importants de la
Serbie-et-Monténégro sur notre chemin vers les intégrations
européenne et euro-atlantique, et nous apprécions hautement
l’engagement de la France à cet égard. La France
est au sommet même des partenaires commerciaux de la Serbie-et-Monténégro
et elle l’est quand il s’agit des investissements. Évidemment,
la Serbie-et-Monténégro tient à attirer davantage
d’investissements français et la meilleure recommandation
pour cela ce sont les expériences positives acquises par les
grandes sociétés françaises jusqu’à
présent dans leurs affaires en Serbie-et-Monténégro.
Un message ?
La
Serbie et le Monténégro sont irrémédiablement
sur le chemin de leur entière intégration dans la famille
des États européens modernes, dont la France est l’un
des chefs de file. Nous avons nous-mêmes choisi ce chemin comme
priorité absolue et notre succès dépend, dans la
plus grande mesure, de nous-mêmes. Notre ami traditionnel et notre
partenaire, qu’est la France, soutient l’orientation de
la Serbie-et-Monténégro et son aide est grande dans notre
progression vers les institutions européennes. Je suis persuadé
que ce partenariat entre la Serbie-et-Monténégro et la
France restera fort dans l’avenir également, cela étant
d’un intérêt mutuel. La France peut compter à
l’avenir également sur la Serbie-et-Monténégro
en tant que son proche ami et son partenaire responsable dans les Balkans
et dans l’Europe du Sud-Est.
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