Ali Siddiqui, directeur de JS Group

Ali Siddiqui, 27 ans, est le directeur du groupe Jahangir Siddiqui (plus connu sous le nom de JS Group au Pakistan), le plus important du pays dans le secteur des services financiers. Il travaille douze heures par jour pendant la semaine (« temps que j’ai réduit »), six à sept heures le samedi et est en déplacement à l’étranger la moitié de l’année. Le mot « Travail » est sa devise même si, en fin de journée, il prend parfois le temps de jouer au squash, d’aller nager, ou de dîner avec des amis, juste histoire de décompresser.

F&P : Quels sont les secteurs porteurs pour de futurs investisseurs ?

Ali Siddiqui : Les plus grands besoins du Pakistan actuellement se situent dans le secteur énergétique. Nous importons aujourd’hui la majorité de notre pétrole et quelque 50 % de notre énergie provient du gaz naturel. Le développement des infrastructures est un autre domaine porteur ainsi que ceux du traitement des eaux, de l’irrigation et des télécommunications.

Pourquoi une société étrangère viendrait-elle, selon vous, s’installer au Pakistan ?

Tout d’abord, pour le potentiel du marché domestique. Nous sommes quelque 140 millions de Pakistanais et, même si le revenu par habitant est encore faible, le pouvoir d’achat va augmenter rapidement. Notre ministre des Finances est devenu Premier ministre et il connaît parfaitement son domaine. La stabilité politique est réelle. La confiance des investisseurs locaux est fondée, alors qu’elle était totalement absente auparavant. Le potentiel du Pakistan est sous-évalué essentiellement à cause des événements de ces dernières années dans le pays et dans la région. C’est une bonne période pour investir, car dans trois ans, la compétition sera rude. Les lois facilitent l’établissement de sociétés étrangères qui peuvent posséder 100 % du capital investi et le rapatrier aisément. D’ailleurs, les plus grandes compagnies mondiales sont présentes, ce qui est un bon exemple de potentiel du marché. Le Pakistan est un marché ignoré et méconnu.

Quel conseil donneriez-vous à un futur investisseur ?

Le Pakistan est un marché relativement occidentalisé tant que cela concerne le domaine des affaires. Il ne trouvera aucune difficulté à travailler ici, tout seul ou avec un partenaire local. Nous avons été une colonie britannique jusqu’en 1947 et la langue des affaires est l’anglais ainsi que le système légal. J’encourage vivement un futur investisseur à venir faire un voyage d’exploration au Pakistan.

Si vous deviez décrire votre pays à un étranger, que diriez-vous ?

J’ai passé du temps dans de nombreux pays étrangers et, sans avoir mon jugement biaisé par le fait que je sois né ici, le Pakistan est un pays magnifique. Je pourrais le comparer à l’Amérique latine de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Économiquement parlant, les risques se mesurent aux profits que l’on peut y faire. De grandes fortunes peuvent se bâtir dans les marchés émergeants et de nombreuses sociétés étrangères ont remporté de grands succès au Pakistan, un pays très intéressant pour y faire des affaires. Nous sommes en pleine croissance et j’invite les investisseurs étrangers à y participer.